<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906</id><updated>2011-08-21T04:52:51.638-07:00</updated><title type='text'>Histoire&amp;polémiques</title><subtitle type='html'>Des petits articles qui se proposent de faire le point sur tels ou tels aspects de notre histoire . Amateurs du politiquement correct, s'abstenir</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>16</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-1199779420378755676</id><published>2007-10-17T02:42:00.000-07:00</published><updated>2007-10-17T02:45:23.991-07:00</updated><title type='text'>Vendredi 13 octobre 1307 : arrestation des templiers</title><content type='html'>13 octobre 1307 !! Une date qui reste, pour tout médiéviste, à la fois un symbole et un mystère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce vendredi 13 octobre 1307, les agents du roi de France Philippe IV dit le Bel arrête sur tout le royaume les chevaliers du Temple ainsi que le Grand Maître Jacques de Molay et tous les dignitaires de l’ordre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Effroyablement questionnés, les templiers avoueront des crimes inouïs pour l’époque : reniement du Christ, crachat sur la croix, messe sans hostie, adoration d’une idole nommée Baphomet, Sodomie… Après 7 ans d’un procès très politique, Jacques de Molay est condamné au bûcher. L’ordre entre dans la légende.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment en est-on arrivé là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Historiquement, l’ordre est créé quelques années après la réussite de la première croisade. Vers 1114-1115, quelques chevaliers dirigés par  Hugues de Payns, un champenois, décident, afin de protéger les pèlerins qui se rendent à Jérusalem. En 1120, ils prennent le nom de pauvre chevalier du Christ et établissent leur quartier général dans l’ancien temple de Salomon, qui sert également de palais au roi de Jérusalem, Baudouin II.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rapidement, le succès est au rendez-vous. De toute l’Europe, les dons affluent. L’ordre se fait reconnaître par la papauté en 1129 et ne répond que devant elle à partir de 1139. La règle des moines soldats devient une curieuse osmose entre l’idéal monastique et les lois de la guerre. Un templier peut tuer, mais il ne peut prendre femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1291, la situation a changé. St Jean d’Acre vient de tomber. L’orient Franc n’existe plus. Les chevaliers du Temple ont été incapable d’empêcher les musulmans de rejeter les croisés à la mer tout comme ils avaient échoué contre Saladin un siècle auparavant à Hattin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais entre temps, l’Ordre est devenu riche, très riche. En se servant des nombreuses commanderies, les membres font office de banque. Moyennant une commission, vous pouvez déposer votre argent à Bar-Aube et le récupérer en Anatolie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette richesse ajoutée au sentiment d’échec en Terre Sainte vont exacerber les jalousies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’arrestation des Templiers est en fait l’aboutissement d’une lutte sans merci entre Philippe le Bel et la papauté. En 1302, par exemple, les envoyés du roi, dont Guillaume Nogaret ont violenté le pape Boniface VIII à Anagni. Celui-ci ne s’en remettra pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, la situation du royaume est catastrophique d’un point de vue financier. Les visées centralisatrices de Philippe IV coûtent très cher au Trésor. L’idée de récupérer l’immense fortune des Templiers est alors très tentante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant le mois de septembre, (le 14) les différents agents du roi reçoivent une lettre cachetée qu’ils ne peuvent ouvrir qu’à une date précise. Tout possibilité de fuite est donc écartée. Le 13 octobre, la mission est enfin précisée. Il faut arrêter les Templiers, l’ordre doit être décapité. Pour cela le roi se sert de la rumeur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rapidement, les aveux « spontanés » et une campagne habile de diffamation de l’Ordre retournent la population contre les chevaliers. La perte récente de St Jean d’Acre ne fait qu’ajouter au ressentiment. Clément V tente bien de bloquer la procédure mais, sous la pression, de Philippe le Bel, il doit renoncer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès 1310, 54 templiers sont brûlés à Sens le 12 mai. 4 ans plus tard, c’est le grand maître de l’ordre, Jacques de Molay qui périt à Paris, sur ordre du roi de France. L’ordre n’existe plus et une bonne partie de ses richesses a été transférée aux hospitaliers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a écrit énormément sur le Temple. Des romans comme Les rois Maudits (un chef d’œuvre littéraire qui vient d’ailleurs de faire l’objet d’une excellente analyse par Colette Beaune et Eric Le Nabour). Des milliers d’articles, des milliers de livres. L’un des tout dernier est l’œuvre de Damien Carraz. Intitulé L’ordre du temple dans la basse vallée du Rhône, c’est une synthèse magistrale qui se veut une « biographie » régionale de l’ordre. Damien Carraz a également participé au numéro de septembre d’Historia consacré à la fin des Templiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-delà du procès, on s’aperçoit que de nouvelles questions apparaissent. Ainsi, le manichéisme est nettement moins de mise. On ose désormais dire que Jacques de Molay s’est mal défendu, que certains crimes reprochés n’étaient pas forcément tous issus du cerveau fécond des inquisiteurs, que l’Ordre n’était pas forcément destiné à survivre dans sa forme de l’époque et qu’une alliance avec les hospitaliers aurait pu éviter un drame. En fait, les Templiers semblent avoir été victimes de certains de leurs rites d’introduction, quelque peu ésotérique (le fameux baiser sur l’épine dorsale). On relativisera donc la « culpabilité » des templiers. En aucune manière, ils n’étaient les hérétiques décrits pas les inquisiteurs. Ce qui est certains , c’est que leur mauvaise réputation les a finalement perdue. Que cette réputation soit injustifiée , à priori, n’a eu que peu d’importance en 1307. Il fallait que les Templiers soient coupables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis 700 ans, on a écrit tout et n’importe quoi sur le Temple. J’ai pu lire, par exemple, que leur richesse venait de leurs fréquents voyages en Amérique où ils exploitaient des mines d’or (Jean Charpentier, le Mystère des Templiers). Le mystérieux trésor est l’objet de bien des fantasmes, utilisé par le Da Vinci Code ou bien des films d’aventures comme le très bon Benjamin Gates et le trésor des templiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a chuchoté que le trésor avait été découvert par le curé de Rennes le château, ou qu’il avait été dispersé en Angleterre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’ordre a alors quitté l’histoire pour entrer dans la légende.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Templiers garde cette odeur de souffre car ils ont disparu tragiquement dans ce que l’on peut considérer comme l’un des premiers procès politiques de l’histoire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-1199779420378755676?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/1199779420378755676/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=1199779420378755676' title='3 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/1199779420378755676'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/1199779420378755676'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2007/10/vendredi-13-octobre-1307-arrestation.html' title='Vendredi 13 octobre 1307 : arrestation des templiers'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-902751838532293508</id><published>2007-08-24T01:06:00.000-07:00</published><updated>2007-08-24T01:09:04.494-07:00</updated><title type='text'>Renaud de Chatillon , la biographie</title><content type='html'>Renaud de Chatillon est un personnage ambigüe : d'un côté, la plupart des connaisseurs des croisades l'estiment responsable de l'échec de 1187 et critiquent fortement ses actions  dans les royaumes latins  d'Orient. De l'autres, il fut jugé  de manière nettement moins négative par ses contemporains car il répondait à un certain idéal de guerrier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre Aubé vient de sortir cette excellente biographie chez Fayard et, malgré des sources lacunaires (on ne sait rien des 30 premiers années de Renaud, ni de ses 15 ans où il fut emprisonné à Alep), parvient à retracer un destin exceptionnel, celui d'un cadet d'une grande famille noble de France qui trouva la fortune en Terre Sainte mais mourut de la main même de Saladin le soir de la défaite franque de Hattin en 1187.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tirant parti de toutes les sources de l'époque, qu'elles soit latines ou arabes, l'auteur nous conte la vie de Renaud de Chatillon, sans doute arrivé  en Orient lors  de la 2e croisade de 1147. Rapidement, il épouse Constance, héritière de la principauté d'Antioche et devient , ipso facto, un  des leaders politiques de la région. Or, Renaud n'a pas vraiment la diplomatie nécessaire pour comprendre un orient compliqué. L'auteur peine d'ailleurs à démêler les alliances, complots, représailles entre  les latins, les fatimides, le sultan de Damas, celui de Mossoul.... René Bousquet dans sa monumentale Histoire de la Croisade avait mieux réussi cet aspect mais il disposait de 5 fois plus de pages. On suit donc le chevalier dans ses démélés avec ses voisins et la haine grandissante qu'il va inspirer aux musulmans. Il est vrai que Renaud ne se prive pas de piller les caravanes qui passent à portée de son fief !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emprisonné en 1160 à Alep, sa biographie subit une nouvelle ellipse de 15 ans. Qu'à cela ne tienne, Pierre Aubé en profite pour s'intéresser aux autres protagonistes de cette histoire :  Raymond,  Nur ad Din, Baudoin IV le roi lépreux, Guy de Lusignan. Avec un style fort et malgré quelques anachronismes curieux (le spectre de la guerre d'Irak vient hanter plusieurs fois le livre sans que l'on comprenne vraiment pourquoi), c'est donc toute la deuxième moitié de XIIe siècle des royaumes latins qui défile sous nos yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le retour à la vie publique de Renaud, suite à sa libération, le voit se confronter à Saladin. Là  , le livre prend une tournure plus polémique. L'auteur d'une part ne croit pas que le chevalier soit le seul mauvais génie de l'époque, d'autre part, il remet en place une bonne partie de la légende de Saladin et ne lui reconnaît qu'une véritable victoire , celle de Hattîn. Armé des chroniques arabes, il montre que l'aura de celui qui unira les deux machoires musulmanes qui broyeront les royaumes latins est venu après mais que , sur le moment, ses contemporains l'ont jugé plus sévèrement, estimant que certaines de ses actions ont été des occasions manquées, voire des ratages. Ainsi, une chronique rapporte une analyse de Nur ad Din qui estime qu'il a "une certaine tiédeur à combattre les Francs". Il met également à  bas l'image chevaleresque qu'on a de lui en occident. Comme tous les chefs militaires de son temps, Saladin a pillé, massacré, étripé.... et les civils n'ont pas vraiment été épargnés. Ainsi, la prise de pouvoir sur les fatimides s'accompagne du massacre de la garde soudanaise de l'ancier régime : peut être 40 000 morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre Aubé nous raconte ensuite les tentatives audacieuses mais totalement irresponsables de Chatillon pour s'emparer des richesses arabes. Il monte une expédition en mer rouge en faisant transporter des bateaux en  pièces détachés à dos de chameaux, il menace directement La Mecque, Médine. C'en est trop pour Saladin qui va l'affronter plusieurs fois mais sans jamais emporter le morceau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ce n'est que lors de la bataille de Hattin, quand Guy de Lusignan, mal conseillé et mal préparé, se jettera dans la nasse de Saladin, que prend fin l'épopée de  Renaud de Chatillon. Sa mort nous est racontée de plusieurs manières différentes. Dans l'une d'elle, il aurait bravé Saladin jusqu'au bout, refusant de se convertir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoiqu'il en soit, cette biographie, qui se conclut par une  copieuse bibliographie, incluant même le film de Ridley Scott, Kingdom of Heaven, ne pourra que ravir les amateurs d'histoire et les specialistes de cette époque que le politiquement correct a désormais relégué aux poubelles de la chronologie !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Un croisé contre Saladin . Pierre AUBE, Fayard, 20€)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-902751838532293508?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/902751838532293508/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=902751838532293508' title='8 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/902751838532293508'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/902751838532293508'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2007/08/renaud-de-chatillon-la-biographie.html' title='Renaud de Chatillon , la biographie'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-4589574726887761292</id><published>2007-07-16T04:06:00.001-07:00</published><updated>2007-07-16T04:16:58.166-07:00</updated><title type='text'>Che Gevara : derrière le mythe, la vérité</title><content type='html'>Fidèle à son éthique, Histoires et Polémiques entend casser l'image de l'imposteur gauchiste surnommé Le Che. Imposteur ? Oui, car depuis bientôt 40 ans, on nous fait croire à la bonté et l'honneteté de ce type. La réalité est bien sûr, tout autre !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Ernesto Guevara de la Serna est né en Argentine, en 1929, dans une famille bourgeoise argentine. Après avoir caressé l’espoir d’être ingénieur, il s’orientera vers la médecine en 1947 et sera infirmier en 1951 sur des cargos militaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1952, il fait le tour de l’Amérique du Sud en moto, avec un compagnon. De ce périple sortira 53 ans plus tard, le film Carnets de Voyage, navet que tous les bobos de la planète vont idolâtrer et le placer dans leur dvdthèque aux côtés de Farenlie 9/11 ou les films "politiques" de Georges Clooney.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais c’est également durant ce voyage que le Che va découvrir, selon ses dires, la misère et le socialisme : il va alors rompre avec sa famille et rejeter les valeurs de sa jeunesse dorée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1953, il est diplômé en médecine (même si ce point est remis en question) et part à Mexico. C’est là qu’il est présenté en juin 1955 à un certain Raul Castro. Un mois plus tard, il rencontre son frère Fidel. Le Che tombe en admiration devant Castro et il le suivra sans état d’âmes et sans se poser aucune question jusqu’à la fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 2 décembre 1956, les troupes des frères Castro débarquent à Cuba. Le Che est bien sûr du voyage et il va rapidement devenir le maître de la province de Las Villas. Trop rapidement sans doute. Jaloux de ses succès trop rapides, Fidel Castro va vite ramener sur terre le jeune Argentin. Il ne lui permet pas d’entrer en premier dans La Havane : c’est Camille Cienfungos, moins charismatique qui le fera. Le Che encaisse, comme il encaissera plus tard la mort accidentelle (si l’on en croit la thèse officielle de La Havane) de ce même Cienfungos et la prison à vie de son ami Matos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant cette période "clandestine" précédant la prise de pouvoir, le Che se fait remarquer par sa brutalité. Comme le rapporte Stéphane Courtois dans Le livre noir du communisme, il va, par exemple , faire exécuter un gamin qui a commis le crime abjecte de voler un peu de nourriture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1960, il se rend en URSS et en revient ébloui. L’idylle ne durera pas, mais cette visite va le conforter dans son radicalisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut reprocher quantité de choses à Guevara mais pas son aptitude à la lutte armée. En 1961, il participe avec succès à la bataille de la Baie des Cochons, Cuba mettant en échec la tentative de débarquement de la CIA afin de restaurer un régime plus démocratique dans l’île. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la crise des missiles russes  va faire voler en éclats une partie de ses illusions. Voyant que l’URSS ne va pas jusqu’au bout de son affrontement avec Kennedy, en refusant une guerre nucléaire (!) , Le Che se détourne de ses anciens alliés. Avec la haine de l’amoureux déçu, il commence par se désoler de cette attitude timorée puis se répand en propos de plus en plus violents contre l’URSS. Au séminaire afro-asiatique d’Alger en 1965, il insulte carrément les représentants russes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il commence à devenir gênant pour Castro qui décide de l’envoyer en Afrique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre-temps, Le Che a eu des responsabilités écrasantes sur l’île. Il a été responsable de la prison de La Cabana où il va acquérir un nouveau surnom : el carnicerito, le petit boucher. En effet, l’idole des bobos va superviser l’exécution de 200 opposants. Fusillant sans relâche, le Che met toute son énergie à partir du 3 février 1959 à éradiquer toute opposition. Mais en plus de tous ces meurtres d’états, il effectue des simulacres d’exécutions, des tortures, des services moraux comme faire passer 40 heures à des prisonniers sans eau, sans nourriture, sans sommeil. Pour info, la note de Wikipédia , pourtant élogieuse , parle elle de 55 à 550 personnes !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, le Che n’est pas seul dans cette politique répressive. Raul Castro se flatte d’avoir fait fusiller 68 personnes en une seule journée à l’est du pays. Mais maillon essentiel de la chaîne, le Che est l’un des plus convaincus, des plus fanatiques. Pour lui la répression doit être sans faille, sans pitié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Ainsi il écrit le 5 février 1959  « Les exécutions ne sont pas seulement une nécessité pour le peuple de Cuba mais également un devoir imposé par ce peuple ». Vu sous cette angle, on n’a quand même du mal à comprendre l’auréole que certains alter mondialistes tressent à un tel assassin. Dans le même ordre d’idée, la presse cubaine reprend les idées du Che avec des titres tels que « les exécutions éviteront davantage de sang » ou « suspendre les exécutions reviendrait à irriter le peuple ». Grand admirateur de la Terreur de 1793, Guevara ne peut qu’approuver une répression sans faille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourrait penser, naïvement, que ces massacres ne seraient qu’une erreur de jeunesse. Mais en 1964, il persiste et signe : « Nous avons fusillé et nous fusillerons tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ernesto Guevara fut aussi l’instigateur du système cubain de camps de travail forcé, ayant créé le premier de ceux-ci à Guanahacabibes afin de « rééduquer » les opposants à la révolution cubaine. Pour Régis Debray "C'est lui, et non Fidel qui a inventé en 1960 , dans la péninsule de Guanaha, le premier camp de travail correctif"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la supervision de la Cabana n’est pas sa seule implication dans la politique de l’île. Il a également des responsabilités économiques. Sa politique socialiste de réforme agraire, de mise en commun des terres et d’éradication de la propriété privée est un échec total. L’armée contrôle tout, y compris la distribution de semis, mais, dans le même temps, le déficit est multiplié par 26 !! L’objectif du Che était que l’île soit totalement autosuffisante. En 1965, c’est le retour à la monoculture de la canne à sucre. Cuba devient une île sous perfusion, ne survivant que grâce à l’aide des pays frères. Guevara méprisait l'argent mais n'en vivait pas moins dans un des quartiers privés les plus riches de la Havane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus en plus embarrassé, Castro décide de se débarrasser du Che. Il l’envoie chanter la bonne parole révolutionnaire en Afrique puis en Bolivie. Pour brûler les vaisseaux de son ex-compagnon, il fait lire une étrange lettre où le Che déclare renoncer à toutes fonctions à Cuba. Étrange car sujette à caution, si certains passages sont du pur Guevara, d’autres semblent soit dictés voire carrément réécrits. Quoi qu’il en soit, le Che est effondré quand il apprend que sa lettre qui devait être posthume a été rendue public par Castro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute se rend-il enfin compte que le bourreau de Cuba l’a manipulé pendant des années ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au Congo, il tente de mettre sur pied une guérilla efficace mais confronté au paludisme, à des hommes totalement inefficaces (qui absorbe une drogue qui les rend « invincibles ») et à des conflits interethniques entre militants congolais et rwandais, l’expédition est un échec. Toujours aussi élégant, il estime qu’il dirige « une armée de parasites ». C'est durant ce périple africain qu'il rencontre Désiré Kabyla, autre grand assassin marxiste. Qui se ressemble...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne réussira pas plus en Bolivie, où il rencontrera des « combattants » étrangers comme Régis Debray. Là aussi, il tente d’organiser des guérillas, d’allumer « un, deux, trois Vietnam » mais lâché par tous, y compris les paysans qu’il est censé représenter, le Che tombe dans une embuscade et est abattu le 9 octobre 1967.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Castro s’empare alors de l’image de son ex-compagnon de route et en fait une sorte de martyr politique. Les bobos et les gauchos de toute la planète, en rupture de messie vont alors faire le reste : occulter toutes les actions négatives de ce vulgaire psychopathe, évacuer sa désastreuse politique économique et l’élever au rang d’icône. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le commerce n’aura alors plus qu’à faire le reste. Voilà pourquoi des milliers d’abrutis boutonneux se rassemblent avec le portrait de leur idole, le plus souvent en connaissant juste son nom. Il est vrai que connaître le vrai Che leur demanderait un minimum de culture et de travail. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Che n'est donc au final qu'un vulgaire pantin castriste, vrai tortionnaire, un assassin et une brute. Il a échoué quasiment partout, ruinant la vie de milliers de cubains. Son "culte" n'est pas qu'indécent. Il est surtout la preuve que l'inculture et la bêtise mènent hélas un monde devenu totalement aveugle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On notera qu'en décembre 2006, la revue Historia a écrit un dossier relativement bien fait afin de mettre "en valeur" le vrai Che. A lire absolument !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Cet article a déjà fait l'objet d'une note sur le blog La pensée néoconservatrice)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-4589574726887761292?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/4589574726887761292/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=4589574726887761292' title='6 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/4589574726887761292'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/4589574726887761292'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2007/07/che-gevara-derrire-le-mythe-la-vrit.html' title='Che Gevara : derrière le mythe, la vérité'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-2416415722562742287</id><published>2007-05-07T23:06:00.000-07:00</published><updated>2007-05-07T23:08:27.399-07:00</updated><title type='text'>Breve histoire de la Reconquista !</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_5R1VdRJq_yE/RkATjshmyVI/AAAAAAAAAAk/A6UTn9ZwR-c/s1600-h/Reconquista.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://3.bp.blogspot.com/_5R1VdRJq_yE/RkATjshmyVI/AAAAAAAAAAk/A6UTn9ZwR-c/s320/Reconquista.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5062067485132900690" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;(Pour cet article, je me suis inspiré du petit QSJ de Philippe Conrad, La reconquista (n° 3287) et de mes notes personnelles).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Reconquista n’est pas une guerre comme les autres. C’est une tentative réussie et longue de plusieurs siècles de plusieurs peuples pour recouvrer un espace conquis par une autre religion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour Jacques Peres (Isabelle et Ferdinand, rois Catholiques d’Espagne, Ed Fayard, 1988), la Reconquista est bâtie autour d’un idéal, une idée fixe : refaire de la péninsule une terre chrétienne. Il ajoute qu’il « n’y a jamais eu d’armistice générale, seulement des paix ou des accords partiels »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais commençons par le début :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le royaume wisigothique des années 700 est en crise : crise morale, crise de succession, rivalité entre les grands, mauvaise récolte, peste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le même temps,   de l’autre côté de la Méditerranée, l’Afrique du Nord a été totalement comprise par l’Islam en 707. Le dynamisme musulman a balayé en quelques décennies les anciennes sociétés chrétiennes d’Afrique, l’Empire byzantin a perdu des territoires immenses. Mais l’Europe ne voit pas encore le danger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Espagne, l’arrivée du roi Rodrigue va cristalliser son opposition aux héritiers de Witiza. Il fait alors appel à l’aide à Musa Ben Nusayr et Tariq Ben Ziyad.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces derniers débarquent alors avec 400 combattants. Mais leur idée n’est pas celle de Rodrigue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En juillet 711, Witiza est battu par Tariq à Rio Guadalete. Les troupes musulmanes font alors conquête des territoires jusqu’à Tolède où ils sont rejoints par Musa Ben Nusayr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 714, la péninsule est prise totalement, à l’exception du nord-ouest où se réfugient les lambeaux de l’Espagne wisigothique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les fils de Witiza acceptent la domination car on leur permet de garder leur terre. Par contre, et contrairement à une légende tenace, les juifs espagnols sont rapidement soumis à des tracasseries importantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’ensemble, les Espagnols acceptent la domination. Byzance était déjà venue (puis repartie) et même si on connaît moins bien l’Islam, on pense que l’on pourra s’y faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les soubressauts de l’Empire musulman au VIIIe siècle vont permettre à Al Andalous de devenir un état indépendant grâce à Abd Al rahman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au IXe siècle, la situation va changer. Les nouveaux convertis se révoltent à Tolède, à Mérida, à Cordoue. Ces villes seront en partie rasées par l’émir al-hakam-1er. Il faut savoir que « l’immigration musulmane » n’a pas été des plus importantes et que les conversions forcées ont été nombreuses. Certains Wisigoths choisissent de rester chrétiens : on les appelle Mozarabes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, après la mort d’Al-Mansur, le fléau de l’an mil, qui fit trembler l’Europe chrétienne, Al Andalous va se morceler en plusieurs entités. L’unité est rompue, l’Espagne devient plus fragile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la résistance avait débuté dès la conquête de 711. Pelayo, un noble wisigoth s’est réfugié dans le nord. De plus le retentissement, de Poitiers montre que les Musulmans ne sont pas invincibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette résistance, durant 3 siècles, ne peut être efficace contre un état uni et bien organisé. La poussée carolingienne sous Charlemagne (la célèbre bataille de Roncevaux qui est en fait un guet-apens dû aux Gascons) et sous Louis le Pieux permet de grignoter le nord d’Al Andalous mais la défaite chrétienne de 865 à la Morcuera montre la difficulté de l’entreprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu’au début du XIe siècle, l’avantage est aux Musulmans. Il dispose de chefs incontestés et redoutables comme Al-Mansur (qui ira piller St Jacques de Compostelle) ou Abd-al-Malik (qui avait pris Clusio). L’intolérance d’Al-Mansur va forcer juifs et mozarabes à se réfugier dans les marches d’Espagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais avec Sanche de Léon, les chrétiens reprennent l’initiative et obligent les états musulmans du nord à leur verser tribu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1065, le massacre des Chrétiens à Barbastro par Al-Mugtadir de Saragosse fait craindre une contre-attaque musulmane de grande envergure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette réaction sera sans lendemain, malgré la victoire almoravides (des berbères) de 1086 à Zacalla. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À partir du XIIe siècle, la reconquista bénéficie de l’idéologie de la croisade, croisade qui plus est réussie en Terre Sainte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La poussée chrétienne se fait alors irrésistible, mais elle va parfois manquer de colons pour repeupler les territoires reconquis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi Cordoue est prise brièvement en 1146 mais l’arrivé des Almohade en 1170 rétablit la parité pendant 40 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1212, c’est la victoire chrétienne de Las Navas de Tolosa. En 1229, l’empire Almohade n’existe plus en Espagne. Léonais, Castillans, Portugais, Aragonais, Navarrais, Français se sont désormais unies. Le rapport de force, de ce fait, leur est largement favorable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1236, Cordoue est prise, la Mosquée devient une église. Il ne reste plus que le royaume de Grenade. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faudra encore plus de deux siècles pour le réduire, avec un long cortège de victoires et de défaites de part et d’autres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1488-1492, Isabelle de Castille mène la dernière guerre de Grenade. La ville est prise quelques mois avant le départ de Colomb pour l’Amérique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La reconquista est terminée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le chroniqueur arabe Ibn Iyzas , c’est une catastrophe que la perte d’Al Andalous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 2007, Al Quaïda revendique toujours Al Andalous comme partie intégrante du Dar Al Islam. Les attentats de Madrid de 2004 vont dans ce sens. Mais le politiquement correct nous empèche de le voir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-2416415722562742287?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/2416415722562742287/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=2416415722562742287' title='7 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/2416415722562742287'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/2416415722562742287'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2007/05/breve-histoire-de-la-reconquista.html' title='Breve histoire de la Reconquista !'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_5R1VdRJq_yE/RkATjshmyVI/AAAAAAAAAAk/A6UTn9ZwR-c/s72-c/Reconquista.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-6392380266615881563</id><published>2007-03-11T03:23:00.000-07:00</published><updated>2007-03-11T03:37:00.307-07:00</updated><title type='text'>Un livre à oublier d'urgences</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_5R1VdRJq_yE/RfPZI1Em0YI/AAAAAAAAAAY/EutTQ2ig_zk/s1600-h/9782857047360.gif"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://3.bp.blogspot.com/_5R1VdRJq_yE/RfPZI1Em0YI/AAAAAAAAAAY/EutTQ2ig_zk/s320/9782857047360.gif" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040611153666298242" /&gt;&lt;/a&gt;Je travaille sur les Carolingiens et sur Louis le Pieux depuis des années (j'en ai même fait le sujet de mon mémoire de maîtrise) et qu'elle ne fut pas ma surprise et ma joie de voir qu'un universitaire avait écrit une biographie sur l'héritier de Charlemagne !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Las, ma déception fut à la hauteur de l'espérance. Autant relire directement les éditions de Thegan, Ermold ou l'Astronome, les biographes contemporains de Louis (que l'on a jamais appelé Louis 1er, soit dit en passant) qui avaient au moins l'honnêteté de juger l'Empereur à sa juste valeur . Certes, il fut trahi par ses fils et ne fut pas forcément à la hauteur de la tâche écrasante que lui avait léguée Charlemagne mais il fut un grand souverain, qui chercha à consolider l'unité de l'Empire non pas par la guerre (même si il dirigea plusieurs campagnes contre les Bretons ou les Sarrasins) mais par la religion, par l'unification des monastères sous la règle de St Benoit d'Aniane et par le baptème, d'Harold roi des Danois par exemple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ivan Gobry ne fait que ressasser les vieilles lunes de la IIIeme République qui employaient le terme de "débonnaire" au lieu de "Pieux" et rendaient l'Empereur responsable de la perte de l'unité de l'Empire Chrétien. Un véritable bond en arrière de plus d'un siècle qui ne tient absolument pas compte des travaux récents de Philippe Depreux (entre autres) qui ont prouvé que Louis était bien plus qu'une marionnette manipulée par sa deuxième femme Judith.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Travaillant comme un journaliste moderne, excluant tout témoignage positif, et surtout calquant des sentiments modernes sur un personnage vivant il y a 1200 ans, Gobry raconte à la "Voici" la vie d'un homme nettement plus intelligent que le pantin qu'il décrit. Si l'on ajoute à cela de surprenant parti pris (il parle d'échec pour les 4 premières années de règne de l'Empereur alors que c'est durant cette période qu'il accomplit  les réformes les plus audacieuses) , on obtient un bouquin pas vraiment inutile mais surtout trompeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gobry ose même des comparaisons avec Charlemagne totalement ridicule. Par exemple , il estime que le grand Charles n'aurait pas fait aveugler son petit neveu, Bernard , comme Louis l'a fait après la rebellion de ce dernier. Quand on sait que Charles fit décapiter 4500 saxons en 782 , on peut douter de sa mansétude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vraie biographie de Louis le Pieux reste à écrire. C'est d'ailleurs la tâche qui m'occupe depuis plusieurs années déjà.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-6392380266615881563?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/6392380266615881563/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=6392380266615881563' title='8 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/6392380266615881563'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/6392380266615881563'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2007/03/un-livre-oublier-durgences.html' title='Un livre à oublier d&apos;urgences'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_5R1VdRJq_yE/RfPZI1Em0YI/AAAAAAAAAAY/EutTQ2ig_zk/s72-c/9782857047360.gif' height='72' width='72'/><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-8818381797816026938</id><published>2007-02-24T05:52:00.000-08:00</published><updated>2007-02-24T05:53:52.721-08:00</updated><title type='text'>Verdun , 21 février 1916-2007</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_5R1VdRJq_yE/ReBDXJD5bNI/AAAAAAAAAAM/782LtwRuC0g/s1600-h/300px-German_dead_at_Verdun.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://4.bp.blogspot.com/_5R1VdRJq_yE/ReBDXJD5bNI/AAAAAAAAAAM/782LtwRuC0g/s320/300px-German_dead_at_Verdun.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5035098448248532178" /&gt;&lt;/a&gt;La visite récente de Nicolas Sarkozy à Verdun a coïncidé avec le 81e anniversaire du début de cette terrible bataille, l’une des plus meurtrières de l’histoire humaine. Histoires et Polémiques se devait de revenir sur cet événement, d’autant que, Lorrain, je porte en moi, les stigmates de cette douloureuse époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1916 : Ce qu’on appellera La Grande Guerre a commencé, il y a 18 mois. Déclenché par l’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie, le conflit avait pourtant démarré sous les auspices d’une « guerre courte et joyeuse ». Les Français qui partaient dans la joie en août 14 récupérer l’Alsace et la Lorraine pensaient revenir pour la moisson. Rapidement, la tournure des événements a totalement changé la donne : à la guerre de mouvement a succédé une guerre de position, d’usure, de tranchée, une guerre atroce, rythmée par des saignées humaines sans précédents et organisée par des incapables qui n’ont qu’une tactique : lancer le plus d’hommes dans la mêlée en espérant déborder l’ennemi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 21 février 1916, à Verdun, les Allemands déclenchent les hostilités en bombardant durant 4 jours sans discontinuer le site. Pour le général allemand Falkenhayn le but est simple: les forces de la France seront saignées à mort… que nous atteignions notre objectif ou non. On ne peut être plus clair. Verdun est une place stratégique : elle se trouve près d’une usine d’armement (Briey Thionville) et c’est un verrou qui permettrait d’encercler les forces françaises. De plus, Joffre prépare une offensive dans la Somme. Il faut donc le prendre de vitesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier obus tombe dans la cour épiscopale de Verdun. Deux millions d’autres vont suivre durant les 96 heures suivantes. Un déluge de fer censé miner le moral des soldats français. Le paysage devient lunaire (une immense photographie que l’on peut voir au musée de la bataille montre un décor apocalyptique : plus aucun arbre mais des cratères à perte de vue). 4 jours plus tard le fort de Douaumont est pris. Mais ce laminage présente également des désavantages : la progression des troupes allemandes est fortement ralentie et cette perte de temps permet aux Français de se réorganiser. L’homme qui met en œuvre la contre attaque n’est autre que le Général Pétain qui va gagner ici l’autorité qui en fera le dernier recours en 1940.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pétain organise une rotation intensive des troupes, établit une artère essentielle pour le ravitaillement, artère que le carpinien Maurice Barrès appellera « La voie sacrée’ . Aucun stationnement n’est autorisé sur cette route, tout véhicule en panne est poussé au fossé, le flot de camions ne doit jamais s’arrêter  . Enfin, Pétain utilise l’aviation pour prévoir les mouvements ennemis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La bataille proprement dite est alors engagée. Elle dure 10 mois. 300 000 hommes vont périr dans cet enfer (163 000 français, 143 000 allemands), des villages entiers comme Fleury sont rayés de la carte. Le 24 octobre, le fort de Douaumont est repris. Le fort de Vaux est évacué par les Allemands en novembre. En décembre, les troupes allemandes sont revenues sur leur ligne de départ. Gains territoriaux : nuls !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Verdun fut-il une bataille pour rien ? D’un point de vue stratégique, sans doute. La bataille n’a permis aucun gain des deux côtés. D’un point de vue humain, elle démontre par l’absurde l’inutilité des batailles de masses. Mais pour le combattant français, comme pour ses contemporains, Verdun a représenté la résistance à l’ennemi « prussien ». Une bataille pour rien ? Sans doute. Mais un symbole que chaque Français devrait visiter au moins une fois dans sa vie. Devant les innombrables rangées de croix, devant le carré musulmans, devant la stèle israélite, il comprendra alors le sacrifice incroyable de ces soldats qui, tout en condamnant une guerre inutile, ont donné leur vie à la France qu’ils aimaient tant. Ils venaient de tous les endroits où l’on parlait français. Ils sont venus mourir à Verdun. Non pas pour rien, mais pour éviter que tombe le pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En se rendant à Verdun en ce jour anniversaire, Sarkozy n’a fait que rendre hommage au sacrifice de tous ceux qui ont défendu notre pays. Qu’il soit le seul candidat à l’avoir fait a sans doute une valeur symbolique !!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-8818381797816026938?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/8818381797816026938/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=8818381797816026938' title='5 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/8818381797816026938'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/8818381797816026938'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2007/02/verdun-21-fvrier-1916-2007.html' title='Verdun , 21 février 1916-2007'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_5R1VdRJq_yE/ReBDXJD5bNI/AAAAAAAAAAM/782LtwRuC0g/s72-c/300px-German_dead_at_Verdun.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-116904580740592971</id><published>2007-01-17T06:53:00.000-08:00</published><updated>2007-01-26T04:04:09.536-08:00</updated><title type='text'>La première Croisade</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2981/4069/1600/115302/prise.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2981/4069/320/68409/prise.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On parle de Croisade à tout bout de champ, évoquant massacres et intolérance. Pourtant, l'idée de croisade va bien au delà des clichés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première croisade est un événement extrêmement important car , pour la première fois depuis bien longtemps, il va voir l'Europe sortir de son continent pour partir outre-mer. Au delà de l'aspect religieux des croisades, et du fossé qui va s'ensuivre durant des siècles, il marque la fin d'une ère et d'un confinement qui durait depuis la chute de Rome. Pour la première fois, ce n'est plus l'Europe qui subit ou qui observe mais c'est l'Europe qui donne l'impulsion. L'affrontement avec l'Islam qui va en résulter n'est pas le premier mais c'est celui qui laissera le plus de traces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les circonstances de la Croisade&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lente maturation de l'idée de croisade dans la religion chrétienne s'est étalée sur près d'un millénaire. A partir de l'installation du christianisme comme religion d'état dans l'Empire romain en 313, elle a cessé d'être anti-militariste pour, petit à petit , devenir le bras droit du pouvoir séculier. L'instauration de la paix de Dieu et de la trêve de Dieu lui a donné un ascendant sur les laïcs militaires et la christianisation de la cérémonie de l'intronisation des chevaliers la met au centre de cette classe. Il est donc logique que la Religion se fasse l'avocat d'une lutte armée contre ceux qu'elle considère comme infidèle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Urbain II est pape depuis 7  ans, il a succédé en 1085 à Grégoire VII (1073-1085). Depuis Nicolas II , en 1059, les papes sont élus par les cardinaux et la dictatus papae de 1071 a confirmé la proéminence du pape sur le reste de la société. Le schisme de 1054 avec Constantinople a entamé la rupture de l'Église. La défaite du roi Espagnol Alphonse VII en 1086 a marqué un coup d'arrêt à la Reconquista, malgré la prise de Tolède un an plus tôt ainsi que la conquête de la Sicile par Robert Guiscard en 1091.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais du côté de l'orient, on assiste à un mouvement inverse. La prise de Bagdad en 1055 amorce un retour à l'unité perdue du premier siècle de l'Islam. Alors qu'en 1025, Byzance est au sommet de sa puissance , à la fin du siècle, sa gloire est passée et son territoire s'est considérablement réduit. En 1025, l'Empire est enfin en paix, à la fin du siècle, il est de nouveau en butte aux agressions turques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; En 1071, les Turcs Sedjoukides ont écrasé les Byzantins à Montzihert et se sont emparés de toute l'Asie Mineure. Trahi par ses ennemis de l'intérieur, Romain IV Diogène est prisonnier. Alp Arslan le libère mais ses troupes , turcomanes, déferlent sur l'Anatolie. Cette unité ne durera cependant pas : dès 1092, à la mort d'Alp Arslan , le sultanat se morcèle. Les Turcs ne colonisent pas toute la Syrie qui reste majoritairement arabe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On y trouve également des orthodoxes (jacobites et monophysites) , surtout en Syrie du Nord et en haute Mésopotamie, des Grecs Orthodoxes qui s'arabisent peu à peu, des maronites au Mont Liban, des moines géorgiens, des Arméniens grégoriens (Monophysites), tout un aréopage de chrétiens qui résistent, tant bien que mal, à la pression muslumane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Constantinople, on regarde l'Occident avec condescendance , voire mépris. Mais l'an Mil , passées les grandes famines, voit les royaumes francs  se redresser. La pauvreté régresse, les seigneurs s'affirment face à la royauté , la chevalerie émerge.... L'Eglise veut alors contre balancer la société guerrière laïque. On instaure la Paix de Dieu et la Trêve de Dieu. Et on commence à affirmer qu'il existe une guerre juste, contre les infidèles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le concile de Clermont&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès 1074, une première idée de croisade naît mais elle n'est pas suivie d'effet. Grégoire VII aurait reçu une demande d'aide de Michel III, l'empereur de Byzance. En échange d'un secours de l'occident pour les chrétiens d'Orient, il rouvrirait les négociations de réunification. En 1055, les légats du pape ont excommunié le patriarche Michel Serulaire. Mais ce n'est qu'en 1204, lors du sac de Constantinople que l'incident sera rebaptisé en Shisme par la papauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La raison principale est l'interdiction faite par les Turcs aux pèlerins de se rendre sur la tombe du Christ. A la lumière de l'historiographie récente, cette interdiction a sans doute été exagérée par Urbain II afin de susciter un enthousiasme populaire. Certes les Turcs faisaient subir moult vexations aux pèlerins, beaucoup plus que les anciens maîtres de Jérusalem, les Fatimides, qu'ils avaient battu en 1078 , mais le pélerinage n'était pas interrompu pour autant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Jérusalem, un moine, Pierre l'Ermite a rencontré le patriarche de Jérusalem, Siméon. Celui ci lui aurait remis une lettre que Pierre avait pour mission de donner au pape. En revenant  en Europe, Pierre commence alors à prêcher l'idée d'une expédition qui aurait pour but d'aider les chrétiens d'Orient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au concile de Plaisance, en mars 1095, Urbain II  a lancé un triple programme : Rétablir l'unité de la chrétienté (visant le schisme de 1054), restaurer la discipline dans l'Église et assurer sa défense. Jérusalem est en ligne de mire. Là aussi, on assiste à un appel du Basileus Alexis 1er et le pape incite ses fidèles " à promettre par serment d'aller au secours d'Alexis"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Huit mois, plus tard, nouveau concile à Clermont dont on a souvent exagéré l'importance : 13 ou 15 archevêques, 80 évêques, 90 abbés. On est loin des conciles massifs qui viendront plus tard. Il sera question de :&lt;br /&gt;* L'excommunication de Philippe 1er de Bertrade, déjà condamnés à Plaisance.&lt;br /&gt;* Des mesures afin de réformer le clergé, de lutte contre la simonie et de discipline éclésiatisque, là aussi dans la ligne de Plaisance.&lt;br /&gt;* De moyens pour faire observer plus strictement paix et trêve de Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur ce dernier point, on sait que Cluny fut en pointe du combat, cherchant à détourner l'ardeur guerrière des nobles vers des combats plus "spirituels", au moins plus efficaces pour la chrétienté, comme la Reconquista. Or, Urbain II est un ancien de Cluny (de 1073 à 1077).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les 9 premiers jours sont consacrés à ces points, le 27 novembre, Urbain II lance son appel à Notre Dame du Pont , ayant gardé secret durant le début du concile son projet de croisade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deus Lo Volt&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réponse est immédiate et des milliers de gens vont alors se lancer sur les routes qui mènent à Jérusalem.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Clermont, Urbain II va recevoir l'appui de laïques.  Pierre l'Ermite   prendra la tête de la croisade populaire. Robert D'Arbristan est le premier grand à se raillier. Puis le pape fera une tournée , appuyé par l'évêque du Puy, Adémar de Monteil , afin de répéter son message : Limoges, Angers, Le mans, Tour puis le Poitou et le Bordelais.  Il prêche par la force la reprise de Jérusalem.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses thèmes sont les suivants :&lt;br /&gt;La terre sainte est occupée depuis 4 siècles.&lt;br /&gt;Le Saint Sépulcre a été détruit par le Calife Al-Hachim&lt;br /&gt;Le contrôle des turcs sur la route du pèlerinage empêche les chrétiens de se rendre à Jérusalem.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais dès cette prédication, une ambiguïté apparaît : aller jusqu'à Antioche ou Jérusalem ? Porter secours aux chrétiens d'Orient ou libérer les lieux saints ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Urbain II promet alors une indulgence pleinière pour tous ceux qui partiront en croisade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La date de départ est fixée au 15 août 1096, le jour de l'assomption de Marie. Mais Pierre l'Ermite, assisté de Gauthier sans avoir, un pauvre chevalier,  partira  dès le 8 mars, avec près de 20 000 pèlerins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une croisade antisémite ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Avant d'arriver en Terre Sainte, les croisés vont surtout se faire remarquer par un antisémitisme forcené, des massacres et des pogroms. Tant la croisade populaire que la croisade des seigneurs tremperont dans ses exactions. On massacre les juifs comme "ennemis de Dieu" dixit Emich. Autour de Pragues, le prête Folkmar et sa troupe se livrent à des pogroms. Ils seront anéantis un moins plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre pillard, Gottshalk subira le même sort en Hongrie par l'armée de Coloman. Enfin, citons le cas de Emich de Liesingen , un chevalier brigand qui commence sa propre croisade en massacrant les juifs des villes de Rhénanie qu'il traverse : Cologne, Trèves, Worms...  A Mayence, 1300 juifs sont tués, malgré les protestations des Évêques et des seigneurs . Lui aussi sera exterminé par le roi de Hongrie Coloman .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On s'appuie sur des rumeurs. Ne dit-on pas que Ademar de Chabannes et Raoul Glaber, en 1030 et 1050, auraient écrit que les juifs ont prévenu le calife Al-Hachim de l'arrivée prochaine des croisées ? Cette affirmation, totalement fausse (comment les deux éclésiastiques auraient-ils pu prévoir un événement qui aura lieu 50 ans plus tard) n'est pas moins un puissant prétexte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même Godefroy de Bouillon brûlera des juifs dans la synagogue de Jérusalem si l'on en croit le chroniqueur arabe Ibn-Al-qalanisi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais en y regardant de plus près, le motif antisémite n'est pas le seul. En fait, ces croisés sont partis sans provisions. Ils se logent et vivent sur l'habitant. La tentation est alors grande de prendre par la force ce que les habitants ne veulent pas forcément donner. D'ailleurs, les pèlerins pilleront même des villages chrétiens quand ils n'auront plus de juifs "sous la main". Cet état d'esprit pillard sera la cause de maintes discordes entre le Basileus et les croisés. Ainsi, à Semlin, juste avant d'entrer en territoire byzantin, la troupe de Pierre l'Ermite prend d'assaut la ville et tue une partie de ses habitants pour un problème de ravitaillement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La désastreuse croisade populaire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La croisade dite populaire s'est donc distinguée par des pogroms, des pillages et des massacres dans toute la partie orientale de l'Europe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme dit plus haut, la troupe emmenée par Pierre l'Ermite est partie dès mars 1096. Il  rejoint  Gautier sans avoir qui traverse tant bien que mal l'Empire Romain Germanique. Son "armée" est indisciplinée et le Basileus juge dangereux de la laisser sans contrôle. Cependant, il l'autorise à camper près de Constantinople le 20 juillet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Le Basileus Alexis fut informé de l'arrivée prochaine de cette cohorte sans doute été prévenu par des lettres venant d'Urbain II. Mais il entend avoir un minimum de contrôle sur une troupe qu'il juge barbare et plus dangereuse que celle de Gautier. C'est le gouverneur byzantin Niketas qui est chargé de cette mission mais il n'y parvient pas et se retire sur Nish. Belgrande sera alors pillée par les croisés. Arrivé devant Nish, la promesse de non agression faite à Niketas n'est pas tenu et les Croisés, de nouveau, tentent de piller la ville. Niketas va alors massacrer une partie des croisés. Alexis envoie alors une ambassade pour intimer à Pierre l'ordre de respecter les territoires traversés s'il veut garantir la suite du voyage. Cette fois ci, les croisés se soumettront et le reste du voyage se passera sans encombre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il l'autorise à camper près de Constantinople mais pas plus de 3 jours. Arrivé le 1er août 1096 , Pierre rejoint Gautier sans Avoir qui l'attend depuis plusieurs jours. Les croisés sont maintenus à l'écart de la ville mais même ainsi, des heurts éclatent ainsi que des saccages. Les croisés feront même rotir le lion d'Alexis II.  Le Basileus fait alors traverser le Bosphore à cette armée disparate et la laisse sur la rive orientale. Là, ils devront attendre les armées des Princes à Civitot. Mais les terres de Nicée sont trop tentantes : une partie de l'armée s'en va les piller. Un des lieutenants de Gautier, Renaud parvient même à enlever provisoirement aux Turcs le château de Xerigordon . Quand les Seljoukides s'en empareront de nouveau, ils massacreront tous les chrétiens présents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin août , les croisés vont vers Nicomédie mais se heurtent aux Turcs : la défaite est sanglante, une partie des croisés est massacrée ou vendue comme esclave. Pierre retourne , incapable de discipliner sa trouve, s'en va  chercher de l'aide auprès d'Alexis et laisse à Gautier le soin de garder le campement. le 21 octobre, les pelerins survivants (25 000 selon certaines sources - la troupe ayant grossi au gré du voyage) s'en vont vers Nicée, encadrés par moins de 500 chevaliers. Mais ils tombent dans une embuscade tendue par lQilij Arslân ibn Sulaîmân, l'émir d'Anatolie. Moins de 3 000 personnes survivront pour se réfugier dans la forteresse de Civitot, immédiatement assiégée par les Turcs. Des troupes venant de Byzance permettront l'évacuation de ces débris d'armée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Cette évacuation met fin à la croisade populaire. Un sinistre pyramide d'ossements en rappellera l'échec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour certains chroniqueurs, ce désastre est la conséquence des péchés des croisés , d'autres estiment que le Basileus a tout fait pour précipiter cette fin. Car , pour les croisés, le Dieu des chrétiens ne pouvant être vaincu , la défaite est forcément due à la trahison&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'arrivée des princes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Urbain II avait réussi à ralier plusieurs hauts seigneurs occidentaux. Il avait écarté les princes espagnols qui devaient selon lui s'occuper de la Reconquista.  Raymond de St Gilles, comte de Toulouse, Hugues de Vermandois , frère du roi de France Robert 1er , répondent à l'appel. Robert Courteheuse, duc de Normandie, Godefroy de Bouillon, duc de Basse Lorraine et son frère Baudoin, Bohémond de Tarente , fils de Robert Guiscard (le conquérant  de la Sicile),  Etienne de Blois, Robert de Flandres , Adémar du Puy complèteront cette armée qui n'est pas composée, comme on a pu le dire, de seigneurs déclassés ou cherchants un fief. Mais cette armée ne dépend d'aucun royaume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les grands seigneurs sont partis en ordre dispersé. Quand Hugues arrive à Constantinople, Godefroy de Bouillon est aux frontières de l'Empire Byzantin, Bohémond de Tarente est sur les rives de l'Adriatique.&lt;br /&gt;Robert de Normandie, Étienne de Blois et Robert de Flandres campent à Rome.&lt;br /&gt;Quand à Raymond de St Gilles et Adémar du Puy, ils sont encore en France. 4 routes différentes en tout pour rejoindre Constantinople.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alexis va alors chercher à obtenir un serment de fidélité de la part des princes. Il a en mémoire l'exemple de Roussel de Bailleul, un aventurier normand qui s'était mis au service de Michel VII Doukas mais qui en avait profité pour  se tailler un fief dans les territoires d'Empire. A tel point que Michel du faire appel aux Turcs qui l'avaient battu en 1071 pour se débarrasser de l'encombrant aventurier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Basileus n'entend donc pas voir les princes occidentaux reconquérir la Terre Sainte à leur profit mais entend recouvrer les terres perdues de l'ancien Empire à son profit. Il sait recevoir et tente par le faste de son accueil d'amadouer les princes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hugues arrive donc le premier, escorté (en fait très étroitement) par Jean Commène, neveu du Basileus. Il prêtera serment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis Godefroy rallie Constantinople mais cherche à éviter la rencontre en prenant comme prétexte l'attente des autres princes. Le Basileus interrompt alors son ravitaillement. Godefroy pille l'arrière pays afin de nourrir son armée. L'arrivée des autres princes le 20 janvier 1097 débloque la situation et serment de fidélité est alors formulée. Les seigneurs d'occident doivent se plier à la coutume byzantine qui oblige à se prosterner devant l'Empereur puis font hommage comme en Occident.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 4 avril , Bohémond prête également serment. Le 21 , c'est au tour de Raymond de St Gilles de faire la même chose, quelque peu forcé par les autres princes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette attitude décevra beaucoup les soldats croisés qui ne comprennent pas pourquoi il faut prêter serment fidélité à un Empereur qu'il juge efféminé voire traître. Le fossé ne cessera de s'agrandir. Alexis estime que les Croisés sont là pour reprendre Antioche à son profit tandis que les occidentaux ne rêvent que de Jérusalem. L'incompréhension explique la suite de la croisade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chemin vers Antioche&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin avril, les croisés se mettent en route vers Nicée et y mettent le siège le 6 mai 1097. Robert de Flandres, Hugues le Grand, Godefroy découvrent en route les ossements nombreux des participants de la croisade populaire. Entre temps, ils ont été rejoints par Robert de Normandie et Etienne de Blois le 29 mai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Turcs envoient une armée pour dégager la ville de son étau : elle sera taillée en pièces par ceux que l'on appelle désormais  les francs. Mais le siège ne porte toujours pas ses fruits. Le Basileus envoie alors une flotille, le 17 juin,  pour prendre la ville à revers, à partir du lac qui la ceinture. Cette fois, les défenses tombent et  Nicée est prise. Mais les Croisés n'ont pas le droit d'entrer dedans et doivent la restituer à Alexis. Ils ont alors la détestable impression que le Basileus les utilise comme des mercenaires (qu'il paie fort mal de surcroit) et se sert d'eux pour accroître son empire à moindre frais. De plus, il ne tient pas sa promesse de mettre à la disposition des Francs une armée supplémentaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La croisade continue, toujours plus loin au sud. Le voyage est terrible. Le 1er juillet, les Turcs attaquent Robert, Bohemond et Etienne à Dorylée. Le choc est frontal et sanglant. Mais les croisés tiennent bon et les Turcs subissent une défaite qui les fera réfléchir. Désormais ils n'attaqueront plus la cavalerie franque en terrain découvert et en bataille rangée. Ils préfèreront les coups de mains, le harcellement , la destruction des sources de vivres... Après Dorylée et Conius, c'est la traversée des montagnes de l'Anti-Taurus, entre Césarée et Marash. Traversée terrible. On dévore les chevaux mort de soif. Bohémond aurait même fait couper en morceaux et rôtir les espions turcs attrapés autour du camp.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 20 octobre, les Croisés sont enfin en vue d'Antioche. Durant le voyage , des villes occupées par des Chrétiens, des Syriens ou des Arméniens ouvrent leur porte, montrant  ainsi leur désir d'être libérés des Turcs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le siège d'Antioche&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La ville est une vieille cité fortifiée, hérissée de 400 tours, accolée à une montagne et ceinte par un fleuve : imprenable. Seul le siège peut en venir à bout. Il va durer 7 mois et s'imposera comme la plus terrible épreuve que subiront les croisés. La maladie, la famine, la pluie qui change le camp en bourbier et les attaques des Turcs vont transformer le siège en enfer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le maître de la ville, Yâghi Siyarn est peu aimé. Il a fait expulser les chrétiens et les syriens qu'il suspecte de vouloir passer à l'ennemi. Bien à l'abri derrière ses murailles, il se contente d'attendre l'aide du maître de Mossul, Karbuq. De leur côté, les croisés recevront une aide (légère) du Basileus dans cette entreprise de conquête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 23 décembre, Bohemond et Robert vont à Alep chercher des vivres. Attaqués sur le chemin du retour, ils se voient dépouillés de leurs vivres par les Turcs. Entre temps, le camp a été attaqué, certains chefs sont malades.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre l'ermite cherche à fuir en janvier mais il est rattrapé et humilé par Bohemond. Un mois plus tard, en février, ce sont les grecs de Tarquin qui repartent à Constantinople.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 5 mars , les croisés sont de nouveau attaqués mais ils parviennent à tuer plus de 1500 turcs. Leurs têtes serviront de projectiles lancés dans l'enceinte de la ville ainsi que de "cadeaux" destinés à des ambassadeurs fatimides, réjouis de voir les Turcs qui ont détruit une partie de leur empire être menacés à leur tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le blocus est alors total. Mais l'armée de secours de Karbuqâ est en vue. Elle assiège Baudoin en vain à Edesse puis repart vers Antioche. Etienne de blois se retire à Alexandrette et veur rentrer en France. Il annonce même à Alexis que tout est perdu;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais entre temps, Bohemond est parvenu à rentrer dans la partie basse de la ville, profitant de la traîtrise d'un certain Frirouz qui leur a permis d'escalader une tour de garde. Les Croisés deviennent alors les assiégés de l'armée de Karbuqa. Certains désertent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un certain Pierre Bathélémy , un prêtre, affirme alors qu'il a eu une vision plusieurs mois auparavant et que la sainte lance, qui aurait percé le flanc du Christ, se trouve dans la cathédrale d'Antioche. D'autres croisés affirme avoir vu Jésus en songe qui leur a reproché leur débauche. Le 14 juin, la lance est effectivement trouvée dans la cathédrale. Bohémond prend alors le commandement et ordonne 3 jours de jeûnes et de processions. Il fait une demande d'ordalie à Karbuqa qui refuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 28 juin, l'armée franque se rue en ordre de bataille sur les Turcs, aidée par des Syriens et des Arméniens . Raymond d'aguiliers tient avec lui la sainte Lance. Contre toute attente la victoire est totale, Antioche tomber totalement aux mains des croisés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Les croisés ne profitent pas de cette débandande. Au contraire, ils vont tout faire pour retarder le départ vers Jérusalem. Les différents princes cherchent à se tailler des fiefs dans les terres conquises ce qui engendrera des tensions entre eux. Le serment de fidélité envers Alexis est soigneusement mis de côté. Bohémond revendique Antioche mais se heurte à ses pairs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 12 décembre, la ville de Ma'arrat est prise. Mais une partie de l'armée croisée a developpé une idéologie bien singulière  : l'ébonisme, estimant que le dénuement est la force de leur salut. Ils forment la troupe des Tafurs. Après la ville de Ma'aarat, il massacre la population et détruisent la ville, afin d'obliger les Barons à continuer la route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut attendre le 3 mars 1099 pour que la croisade soit relancée suite aux pressions des "petites gens" qui n'ont pas oublié le but premier du voyage : Jérusalem.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les croisés reprennent la route, conquiert des villes comme Arga, Tripoli et arrivent devant Jérusalem le 6 juin. Un nouveau siège commence. L'arrivée d'une flotte génoise , apportant des vivres et du matériel, redonnent courage et énergie aux aux croisés. Godefroy et Raymond font alors construire des tours d'assaut gigantesques afin d'atteindre le haut des murailles. Les Francs découvrent également des madriers dans une grotte et Bohemond a une vision : la ville sera prise après 9 jours d'assaut si les croisés font une procession. Pierre l'Ermite se retire sur le mont des oliviers pour prier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après 3 jours de jeûne, les croisées effectuent une procession sous les murs de Jérusalem, sous la risée et les injures des Turcs. Ils sont "Israël sous les murs de Jéricho" (George Tate)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 14 juillet, c'est l'assaut. La première attaque est repoussé. Mais le 15, Godefroy met en branle ses tours , les croisés sautent sur les créneaux.  Par la porte st Etienne, chevaliers et pietons entrent dans Jérusalem. La ville est alors prise et le carnage sera total. Durant plusieurs jours, nul n'échappe à la fureur des croisés. Ecoutons Raymond d'Aguiliers&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Nous dirons simplement que dans le temple et dans le portique de Salomon, on chevauchait dans le sang jusqu'aux genoux, jusqu'au frein des chevaux"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien entendu ce carnage choque tout le proche Orient et laissera un souvenir durable. Ben Laden ne parle-t-il pas des "croisés" ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au terme des combats, les chefs militaires se rendent à l'Église du St Sépulcre afin de rendre hommage à Dieu. Un vieil homme se jette alors aux pieds de Pierre l'Ermite : le successeur de Siméon le patriarche qui lui avait demandé son aide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La victoire d'Ascalon le 12 août contre les fatimides clôt le chapitre militaire. Les croisés reviennent chargés de butin et persuadés que Dieu ne les abandonnera plus . Le voeu des croisés est accompli. Certains resteront en Terre Sainte pour la tenir contre les Turcs, d'autres, nombreux, vont préférer rentrer en Occident, auréolé de gloire et de souvenirs guerriers. Mais que de crimes commis au nom de Dieu !! Des pogroms en Europe au massacre du temple du Salomon, la face noire de la Croisade n'en est pas la moins importante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Godefroy de Bouillon est alors élu Avoué du St Sépulcre. Il est préféré à Raymond pour sa piété et sa modestie. Arnoul est élu Patriarche , en attendant le choix définitif du pape.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les seigneurs vont alors organiser la Terre Sainte en 4 Etats (voir carte ci contre) et importer la féodalité en Orient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais moins d'un an plus tard, Godefroy rend l'âme. Son frère Baudoin 1er le remplacera. Il va conquérir Arsouf, Césarée, Acre et 1104 puis Beyrouth et Sidon en 1110.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se taille alors un fief immense qui va jusqu'à la forteresse d'Aïlah  sur la mer rouge. Baudoin II, son successeur fera construire le fameux Krak des chevaliers, près de Tripoli. Il sera également à l'origine de la création des Templiers&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La 1ere croisade est quasi - terminée. Elle a vu la victoire des Chrétiens mais mal préparés à cet orient qu'ils connaissent mal, ils vont rapidement heurter les mentalités des musulmans et préparer l'échec final de cette série d'expédition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Etats du Nord vont donc se developper lentement. Le comté d'Edesse a ses frontières dès sa formation. Mais les autres principautés doivent constamment surveiller leurs frontières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On assiste aussi  à des accords de protection : Ainsi en 1118, les Francs imposent à l'Emir d'Alep Yaruqtash le privilège pour leurs armées de convoyer sous leur protection (et moyennant le paiement d'une taxe) les caravanes qui vont d'Alep jusqu'à La Mecque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit à petit, les Etats se solidifient. La captivité de Baudoin II entre 1123 et 1125 ne change pas la donne. Mais les Francs restent une minorité face à une armée arabe désireuse de prendre sa revanche.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-116904580740592971?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/116904580740592971/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=116904580740592971' title='8 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116904580740592971'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116904580740592971'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2007/01/la-premire-croisade.html' title='La première Croisade'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-116751524524043253</id><published>2006-12-30T13:45:00.000-08:00</published><updated>2007-01-02T10:30:47.486-08:00</updated><title type='text'>D'un Empire à l'autre</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2981/4069/1600/923722/charlemagne-p30.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2981/4069/320/498641/charlemagne-p30.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Il fut une ère où l’Europe cherchait à n’être qu’une, se souvenant du glorieux temps de l’Empire Romain. Elle offrit d’abord cette écrasante responsabilité à Charlemagne puis à Otton. Petite chronique du passage d’un Empire à l’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Noël 800. Rome. Charlemagne est dans la capitale depuis quelques semaines. A 57 ans , il est encore dans la force de l’âge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques temps auparavant, le pape Léon III s’est lavé de tout soupçon qui pesait contre lui, soupçons d’immoralité entre autres. Il est vrai que l’appui de son puissant ami, le roi des Francs et des Lombards, Carolus Magnus, n’a pas été inutile !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Charles assiste à la messe. À la fin de la cérémonie, il se passe un événement que l’on a plus vu depuis 476 : le pape pose la couronne sur la tête du roi et le fait Empereur en prononçant la phrase suivante : « A Charles très pieux auguste, par Dieu couronné grand et pacifique empereur, vie et victoire »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sources divergent sur la réaction de Charlemagne. D’après Eginhard (Vita Carolis), celui-ci est furieux car il comprend que le pape en prenant l’initiative vient également de se montrer en supérieur temporel. C’est la papauté qui fait l’Empereur et non le contraire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l’on en croit les biographes du Vatican, le nouveau souverain est absolument ravi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’après certains historiens, Charlemagne et Léon III auraient ensemble préparé la cérémonie. Léon III gagnait une légitimité face à la Curie qui le contestait encore. Charles lui obtenait l’appui de la papauté , se posant en un champion du Christianisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’importe : l’Empire renaît. Empire, il était déjà par le territoire qui sans égaler celui de l’ancienne Rome. Gaule, Allemagne, nord de l’Italie, nord de l’Espagne, territoires slaves, Frise (Hollande), Belgique, Luxembourg, Autriche…. Des millions d’hommes vivent sous la domination de Charlemagne. Celui-ci a succédé à son père, Pépin le Bref en 768, co-gérant le royaume franc avec son frère Carloman. Puis dès 771, il règne seul, Carloman ayant disparu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il l’est par l’idéologie : le christianisme s’impose dans tout le territoire, parfois à de manière brutale. En 782, Charlemagne fait exécuter 4500 Saxons pour l’exemple. Quelques années auparavant, il a abattu leur arbre sacré. Le paganisme recule peu à peu et par l’intermédiaire des Missi Dominici, l’autorité de Charlemagne s’impose à tous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès 802, Charles se fait représenter ceint d’une couronne de laurier et adopte la titulature suivante : Roi des Francs et des Lombards , Empereur. Mais a-t-il conscience d’être l’héritier d’Auguste ? Pas si sûr selon certains historiens qui mettent en avant son projet de partage du territoire entre ses trois fils. Un projet de mariage avec une princesse byzantine échoue. Il aurait permis de réunir l’Empire Romain d’Orient avec celui de Charlemagne. Une occasion ratée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Charles meurt en 814. Son fils Louis le Pieux a la lourde charge de lui succéder.  Charles l’a lui même couronné en 813, se passant du pape. En effet, le vieux souverain refuse d’accepter l’idée que cela soit le pape qui fasse l’Empereur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 817, Louis prend une décision inouïe : bafouant la loi franque, l’Empire ne sera pas divisé et seul Lothaire son aîné lui succédera comme Empereur. Ses frères, Pépin et Louis le Germanique n’auront que le titre de roi et seront subordonnés à Lothaire. Il faut savoir que si Louis le Pieux est devenu seul Empereur, c’est parce qu’il est le seul héritier vivant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la naissance de Charles le Chauve en 823 va ruiner l’Ordinatio Imperri (c’est le nom de la loi de 817). Jaloux, les fils vont se rebeller, déposer leur père, le rétablir sur le trône : une longue litanie de conflits (que j’analyserai dans un article futur). En 840, Louis meurt, mais la guerre perdure. En 843, le partage de Verdun entraîne la fin de l’Empire Carolingien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Première parenthèse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Projetons un siècle plus tard. Très exactement en 955. Certes, l’unité de l’Empire a été rétabli par deux fois, mais de manières très éphémères : en 877 par Charles le chauve, en 887 par Charles le Gros. Mais à chaque fois, c’était à la suite de hasard, de successions heureuses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 955, Othon écrase les Hongrois à Lechfeld. Déjà maître de l’Italie depuis 951, le souverain allemand obtient là un prestige considérable, comparable à celui de Charles Martel en 732. Depuis plusieurs décennies, les Hongrois ravageaient l’Europe, succédant par l’est aux Normands. La Bourgogne et le Berry avaient été pillées en 937.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; En 962, il est couronné Empereur par Jean XII. Et ses premiers actes vont être de s’inspirer du grand Charlemagne dont il reprend la titulature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quinze mois plus tard,  il dépose le pape afin d’affermir son autorité sur Rome (Louis le Pieux avait fait pareil en 824) ,  ramène les féodaux Italiens à l’obéissance et oblige l’Empire Byzantin à le reconnaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Othon III en 999 établira sa cour à Rome. Désormais, on parle du St Empire Romain Germanique. Par rapport à celui de Charlemagne, son territoire est plus petit car il ne contient pas la partie ouest qui , depuis 987, est dirigée par les Capétiens. Mais son prestige reste considérable car il est l’héritier de l’Empire de Rome.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il durera jusqu’en 1800, année où Napoléon le détruira à son profit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais c’est une autre histoire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-116751524524043253?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/116751524524043253/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=116751524524043253' title='4 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116751524524043253'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116751524524043253'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2006/12/dun-empire-lautre.html' title='D&apos;un Empire à l&apos;autre'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-116682126578045999</id><published>2006-12-22T12:59:00.000-08:00</published><updated>2007-01-25T00:55:08.503-08:00</updated><title type='text'>Little Big Horn de David Cornut</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2981/4069/1600/20953/bighorn.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2981/4069/320/242637/bighorn.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La parution du livre de David Cornut constitue un événement dans l’historiographie francophone car il concerne un domaine rarement exploré : l’histoire du XIXeme siècle aux USA. De plus, il ose s’attaquer à un personnage totalement décrié en France : le général Custer !! Si vous voulez rire, tapez donc Custer dans le moteur de recherche d’Herodote.net. Il est vrai qu’Hérodote, historien grec était connu, dès l’antiquité, pour ses approximations, exagérations voire inventions, à la différence d’un Thucydide, d’une rigueur totale et qui inventa l’histoire en racontant la guerre du Péloponnèse.&lt;br /&gt;Raciste, tueur d’indien, incompétent, arrogant, rebelle… Voilà la liste des « qualités » que l’on accorde généralement à Custer en France, mais aussi aux USA, dans les milieux dits « progressistes ». Non seulement, le livre balaie toutes ces idées reçues, mais surtout il donne un aperçu intégral sur la bataille, alternant le point de vue des soldats et celui des Indiens. La somme de travail sur les témoignages donne le vertige et on sent là le travail d’un passionné, et non un vague argumentaire sorti à la va vite pour se faire du fric !&lt;br /&gt;La première partie est une biographie sincère et passionnée de Custer. On y découvre un jeune soldat, rétif à toute autorité, mais dont le charisme et les qualités militaires vont rapidement en faire un des héros de la jeune Amérique. David Cornut en profite pour dépeindre la vie des soldats de la cavalerie US. On est bien loin des John Ford (même si je trouve que ses westerns sont de véritables chefs d’œuvre. Revoyez donc La chevauchée fantastique !!) et l’on découvre une armée hétéroclite, manquant de tout mais tenant fermement à protéger la toute jeune démocratie. L’ambiance très particulière du 7e de cavalerie est bien rendue. Ces premiers chapitres insistent également sur le rôle de Custer durant la guerre de sécession et l’on comprend alors mieux l’aura qui va alors le marquer et ce malgré son manque de discipline patent. Les gloires (et les échecs dont un qui lui vaudra une année sans solde suite à une première campagne indienne ratée) de Custer, son attitude parfois brutale envers ce qui , contrairement à lui, refusent de se mettre totalement au service de la jeune démocratie, en font un personnage atypique mais tellement représentatif du Far West légendaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Dans une deuxième partie, l’auteur en profite également pour dynamiter les idées reçues sur les Indiens et montre qu’au-delà  de l’idéalisme romantique, les tribus étaient constituées d’hommes, ni plus ni moins et que ces derniers étaient autant capables d’une rare cruauté que d’un courage sans limites. Ainsi les portraits de Crazy Horse ou de Sitting Bull décrivent les deux chefs indiens avec toutes leurs ambiguïtés. On voit Sitting Bull devenir un véritable fantasme vivant pour les belles américaines . On y voit aussi comment s’organisaient ces tribus, que le romantisme véhiculé par les westerns new-age n’est pas vraiment la totale vérité. Tout comme pour Custer, Cornut n’esquive pas les faces noires et se refuse à écrire des hagiographies. Rédigée d’une manière claire (le style est direct et jamais ampoulé) ,   ce premier acte qui va de la jeunesse de Custer à la veille de la bataille passionne en passant par la psychologie des Indiens des plaines ferait la base d’un excellent western. Enfin,  pour bien comprendre la situation, Cornut nous explique l’importance des Blacks Hills , leur ouverture à la colonisation, les échecs des négociations avec les Indiens…. Bref, on a alors tous les atouts pour comprendre la signification de la bataille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La troisième partie s’intéresse à la bataille proprement dite : on entre alors dans une narration quasiment à la minute, où la stratégie, expliquée au moyen de plusieurs cartes, permet de comprendre comment Custer s’est retrouvé piégé et a finalement trouvé la mort. Là aussi, l’auteur balaie toutes les idées reçues (les milliers d’indiens, la soi disant incompétence du général..) et n’hésite pas à pointer les vraies coupables du désastre, le général Reno en tête. S’appuyant sur l’archéologie , sur les témoignages des survivants indiens et américains, Little Big Horn se déroule sous nos yeux, alternant les points de vue des deux camps. Là aussi, un scénariste n’aurait aucun mal à en faire un excellent western. Cornut fait parler tous les protagonistes, parfois même dans les différentes langues indiennes. Le boulot d’érudition est énorme ainsi que l’imposante masse de notes (que l’on aurait préféré trouver en bas de page et non à la fin de chaque chapitre). Les expressions en langue indienne ou anglaise sont bien évidemment toutes traduites.&lt;br /&gt;La quatrième partie s’intéresse aux retentissements énormes de la défaite mais aussi aux tentatives de salir Custer. C’est, bien entendu, celle qui fera le plus de polémiques, même si en France,   il est clair que le sujet ne passionne pas. L’auteur refait donc le procès, met en lumière les mensonges de Reno et Bentheen devant la commission d’enquête. Là aussi, le travail sur les témoignages, la mise en parallèle des rapports et des auditions sont considérables. Aucune ligne n’est vraiment inutile et l’on comprend alors mieux la légende noire qui entoure désormais le général Custer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis l’auteur termine son histoire : il s’intéresse à la fin des guerres indiennes, rétablit la vérité sur le massacre de Wounded Knee, relate à travers une imposante suite de petites biographies la fin de la vie des protagonistes survivants de Little Big Horn.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, un copieux lexique clôt le livre en beauté.&lt;br /&gt;Cerise sur le gâteau, le livre est un bel objet, agrémenté de photos inédites (certaines ont été prises par l’auteur sur les lieux de la bataille) et figurera en bonne place dans la bibliothèque de tout amoureux de l’Histoire qui se respecte. Little Big Horn montre que la jeune garde universitaire n’a pas dit son dernier mot et que surtout, elle entend sortir des sentiers du politiquement correct. Il était temps !!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-116682126578045999?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/116682126578045999/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=116682126578045999' title='10 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116682126578045999'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116682126578045999'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2006/12/little-big-horn-de-david-cornut.html' title='Little Big Horn de David Cornut'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-116516844409363930</id><published>2006-12-03T09:52:00.000-08:00</published><updated>2006-12-19T13:14:58.893-08:00</updated><title type='text'>La (re)naissance d'Israel en 1948</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2981/4069/1600/680774/acp_israel_w600.gif"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/2981/4069/320/19341/acp_israel_w600.png" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’heure où le Moyen-Orient redevient une poudrière et où un dirigeant iranien rêve de détruire Israël par le feu nucléaire, il est intéressant de se pencher sur la naissance de ce pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naissance d’Israël remonte en fait à 1917, à ce que l’on appelle la déclaration Balfour. Remontons un peu le temps. L’effondrement de l’Empire Ottoman a permis à l’Angleterre de prendre pied au Moyen-Orient. Elle gère désormais la Palestine. Le 2 novembre 1917 la Le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Arthur J. Balfour, écrit à Lord Lionel de Rothschild la déclaration suivante : « le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif et fera tous ses efforts pour faciliter ces objectifs étant, bien entendu ,  que rien ne viendra porter atteinte aux droits civils et religieux des collectivités non-juives existants en Palestine, ou aux droits et à la situation politique dont les Juifs jouissent dans les autres pays ». Mais cette déclaration sera très mal accueillie (déjà !!) par les pays arabes et des troubles ensanglanteront régulièrement la région. Ainsi les colonies juives sont régulièrement attaquées et les Palestiniens (nom générique donné aux musulmans habitant la région) se heurtent également de manière violente avec les autorités Anglaises qui ont vite oublié leurs promesses d’indépendance. En 1936, un congrès national réunit plus de 150 délégués palestiniens. Leurs revendications portent sur l’arrêt de l’immigration juive mais aussi sur l’accès à l’indépendance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1937, la commission royale préconise le partage de la Palestine en un Etat juif qui comprendrait 33% du territoire et un Etat arabe. Mais les Palestiniens rejettent le plan. En 139, une nouvelle conférence aboutira à un échec semblable. À chaque fois, la partie arabe refuse le moindre partage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La montée du nazisme va renforcer le Foyer National, mais, curieusement, la Grande-Bretagne va alors considérablement réduire l’immigration juive à partir de 1940 et limiter le droit aux Juifs d’acquérir des terres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant la guerre, la résistance juive aux Anglais va devenir importante et elle culminera en 1946 avec l’attentat contre l’Etat Major Britannique logé dans l’hôtel King David, attentat très sanglant et qui montre que la violence aveugle n’a pas l’apanage d’un camp. Churchill va donc en appeler à l’ONU.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre temps,   La 2e guerre mondiale s’est achevée, il y a deux ans. Le monde entier a découvert l’horreur du système concentrationnaire nazi. Les 6 millions de juifs exterminés hantent la conscience de l’Europe. La toute nouvelle Organisation des Nations Unies doit alors prendre le problème à bras le corps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les travaux commencent le 26 mai 1947. Le 31 août, un rapport de 54 volumes est déposé à l’Assemblée Générale. Il dit, en gros, les choses suivantes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les juifs fondent leurs droits au retour sur les liens historiques du peuple juif avec la Terre Sainte (cela avait déjà été confirmé par la déclaration Balfour). Ils estiment aussi que la mise en valeur du pays par les juifs déjà implantés en Palestine leur donne un droit. Enfin, la création d’un Etat permettrait de régler le problème des 250 000 juifs européens survivants des camps de la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du côté arabe, on argue du caractère inaliénable de la conquête musulmane de 637. Ils estiment que le mandat britannique de 1920 fut illégal. Enfin, ils penchent sur la création d’une Palestine indépendante qui tiendrait compte de la minorité juive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 29 novembre1947, La résolution 181 est alors votée :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle consiste à octroyer aux Juifs 56% du territoire entre le Jourdain et la Méditerranée. Elle créait également un Etat Palestinien. Jérusalem devient une zone internationale placée sous le contrôle des Nations Unies. Il y eut 33 voix pour, 13 contre et 10 abstentions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette résolution ne va pas se faire sans heurts. L’épisode de l’Exodus, bateau rempli de réfugiés, juifs refoulé de Palestine par les Anglais en est un bon exemple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 14 mai 1948, l’Etat d’Israël est proclamé dans les frontières définies par l’ONU. À Tel-Aviv, c’est David Ben Gourion qui va lire la déclaration d’indépendance du nouvel état. Le lendemain, les Britanniques quittent le pays, laissant aux Israéliens le contrôle de leur base militaire. La Transjordanie, où vont vivre les Palestiniens, reste sous le commandement du général anglais Glubb Pacha, qui est à la tête de la Légion arabe de Transjordanie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le nouvel état suscite rapidement la haine de ses voisins.Une coalition arabe (Liban, Syrie, Irak, Egypte et Jordanie) attaque Israël. La légion Arabe de Transjordanie, appuyée par des contingents venus d’Arabie Saoudite se mêlent à l’attaque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peine perdue, la jeune démocratie parvient à repousser l’attaque et conquiert même les territoires situés à l’ouest du Jourdain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 7 janvier 1949, Américains et Anglais imposent un cessez-le-feu. Le 24 février 1949, l’Egypte et Israël signent un accord d’armistice à Rhodes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette guerre va laisser des traces. 800 000 arabes de Palestine vont quitter leurs terres tandis que 600 000 juifs doivent fuir les pays arabes. Mais ces réfugiés deviendront des citoyens israéliens à part entière tandis que les Arabes vont garder leur statut de réfugiés. Notez que la Ligue Arabe elle- leur demanda de quitter Israël, estimant qu’une fois l’ennemi refoulé à la mer, ils pourraient revenir vivre sur leurs terres. Cet échec est appelé Nakba, la catastrophe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut donc voir que dès sa création, Israël a été en butte aux attaques de ses ennemis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je reviendrais plus tard sur les guerres de 67, de 73, les conflits entre Israël et le Liban et enfin sur les Intifada.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-116516844409363930?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/116516844409363930/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=116516844409363930' title='11 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116516844409363930'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116516844409363930'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2006/12/la-renaissance-disrael-en-1948.html' title='La (re)naissance d&apos;Israel en 1948'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-116418789741352218</id><published>2006-11-22T01:29:00.000-08:00</published><updated>2006-11-22T05:33:10.956-08:00</updated><title type='text'>Corneille : 400e anniversaire</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2981/4069/1600/250px-Pierre_Corneille_2.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2981/4069/320/250px-Pierre_Corneille_2.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petite devinette. Quel dramaturge français a vu le 400e anniversaire de sa naissance « oublié » cette année ?? Pierre Corneille bien sûr !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi stupéfiant que cela paraisse, l’auteur du Cid né le 6 juin 1606 n’a fait l’objet d’aucune commémoration digne de ce nom, la France ayant préféré s’intéresser à Mozart, compositeur de grand talent (le plus grand en fait) mais autrichien. Histoires et polémiques vont réparer cet oubli !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corneille est né à Rouen. Il est l’aîné de 6 enfants d’une famille de magistrats de Rouen. En toute logique, à 22 ans, le jeune homme entame une carrière d’avocat, mais le destin en décidera autrement : un dépit amoureux, en 1629, lui fait écrire des vers. Il se découvre une passion pour cet art et se lance dans la rédaction de pièces tragiques. Mais à la différence de certains de ces « concurrents », il met en scène la société du XVIIe siècle et ne cherche pas forcément ses références dans l’Antiquité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Associé un moment à l’Etat (Richelieu en a fait un auteur officiel) ,  il rompt avec ce dernier pour écrire des pièces sur la haute noblesse dont le plus grand fleuron est Le cid. En 1647, il est élu à l’Académie Française.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corneille va profiter de la crise de la Fronde  et de la mort de Richelieu pour régler certains comptes avec le Cardinal de Louis XIII, notamment dans La mort de Pompée. Il s’interroge sur la guerre civile avec Rodogne. Si la Fronde ne fut pas une guerre civile, elle n’en fut pas moins un sévère affrontement entre les parties les plus puissantes du royaume. Enfin, on peut aussi citer Héraclius, Don Sanche et Andromède où il s’intéresse  à la nature même du roi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais à partir de 1650, ses pièces connaissent moins de succès. Jean Racine est le dramaturge à la mode et ses pièces sont plus accès sur le sentiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corneille n’en continue pas moins son travail de dramaturge. Il améliore aussi la machinerie du théâtre, développant les « effets spéciaux » (dans La toison d’or, par exemple). Sa dernière pièce, Suréna, date de 1674&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la fin de sa vie est difficile. Boileau doit même demander pour lui une pension royale que Louis XIV lui accordera. Il meurt à paris le 1er octobre 1684.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi Pierre Corneille est-il « renié » par l’état alors que son œuvre est universellement connue. Sans doute à cause du Cid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, la pièce se passe durant la Reconquista qui voit la péninsule Ibérique reprendre, petit à petit, son territoire sur les Maures, installés depuis 711 et la chute du royaume Wisigothique. Réfugiés dans le nord du pays, les rois chrétiens n’ont jamais accepté la perte de leurs royaumes et ils vont se lancer dans une guerre de plus de 700 ans (elle s’achèvera définitivement en 1492 avec la chute de Grenade) ,  marquée par des revers (la période de l’an mil qui voit les victoires du puissant berbère Al-Man Sur) et des victoires. Le Cid prend donc comme toile de fond le combat du roi de Castille, qui vient de transférer sa cour de Burgos à Séville afin de lutter plus efficacement contre les Maures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pièce contient quelques vers magnifiques, entrés dans la légende de la littérature comme :&lt;br /&gt;Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie !&lt;br /&gt;N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?&lt;br /&gt;Ou bien &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées&lt;br /&gt;La valeur n'attend point le nombre des années. (Acte II, scène 2, Don Rodrigue au Comte)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème de Corneille viendrait donc que, en ces temps où les lâches qui nous gouvernent craignent la réaction de la rue et des banlieues, il parle d’un conflit entre chrétiens et musulmans. Soit dit en passant, ce n’est absolument pas le sujet de la pièce (c’est l’amour contrarié entre Chimène et Rodrigue). Il est donc amusant (ou consternant) de constater la frilosité des dirigeants qui préfèrent mettre sous le boisseau un des plus grands dramaturges français afin de ne pas heurter la sensibilité des « djeunes » de banlieues. Ou alors, autre hypothèse, leur ignorance est si crasse qu’ils ont totalement fait l’impasse sur Pierre Corneille. Ce qui n’est pas très rassurant non plus !!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-116418789741352218?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/116418789741352218/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=116418789741352218' title='2 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116418789741352218'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116418789741352218'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2006/11/corneille-400e-anniversaire.html' title='Corneille : 400e anniversaire'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-116326212760441403</id><published>2006-11-11T08:21:00.000-08:00</published><updated>2006-11-19T03:03:39.480-08:00</updated><title type='text'>Septembre noir : 1970 .</title><content type='html'>Il est intéressant de voir combien certains évènements disparaissent de la mémoire humaine comme par enchantement. Si tout le monde (enfin, ceux qui ont vu Munich) savent que Septembre Noir est une organisation terroriste, beaucoup moins sont au courant que c’est aussi le nom d’un événement qui ne peut que relativiser les évènements récents entre Israël et les Palestiniens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons en septembre 1970. Yasser Arafat appelle au renversement de la monarchie des Hachémites en Jordanie. Pourquoi ? Il estime que 75% des Jordaniens sont des Palestiniens à un degré ou à un autre. Depuis la fin de la guerre des 6 jours et la prise de la Cisjordanie, les combattants vaincus d’Arafat, les fedayin, ainsi que des milliers de réfugiés, sont venus en Jordanie. Arafat utilise alors son pays d’accueil comme une base arrière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le même temps, le roi Hussein cherche un compromis avec Israël. Il adhère au plan Rodgers qui suppose la fin d’opérations militaires contre l’état hébreu. Mais le Fatah et le FPLP de Georges Habbache estiment qu’Hussein trahit la cause palestinienne. Début 1970, Hussein réduit les activités des Fedayin. Les choses vont vite s’envenimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 1er septembre, le roi échappe à un attentat. Le 6, le FPLP détourne 4 avion de lignes sur Amman. Habbache déclare « " Tout ce que nous voulions, c'était combattre Israël et rien d'autre. Mais le régime jordanien considérait que notre seule présence dans le pays représentait pour lui un danger (… ) Pour nous, le roi Hussein était un dirigeant réactionnaire, chef d'un état réactionnaire et donc un obstacle. Et pour réussir notre révolution, nous devions supprimer cet obstacle ". »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 16, le roi décrète la loi martiale &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 17 septembre , les bédouins d’Hussein attaquent les Fedayin. La 1e division de Tank de l’armée jordanienne, dirigée par un cousin du roi Chérif Zeid Ben Chaker bombardent les camps de réfugiés et les permanences des organisations palestiniennes. Au bout de 10 jours, les camps sont rasés et les palestiniens doivent trouver refuge au Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Syrie envoie alors des chars à la frontière afin de venir en aide aux Palestiniens, mais Hussein sollicite l’aide des USA et de quiconque prêt à empêcher la Syrie d’intervenir. Israël répond en envoyant des avions simuler des attaques contre les tanks syriens. L’armée syrienne fait demi-tour, abandonnant les troupes d’Arafat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 27 septembre, Nasser parvient à faire cesser les hostilités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;. Arafat ne devra son salut qu’en se réfugiant également au Liban, déguisé et aidé par le président du Soudan Noumérie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nombre de victimes n’est pas connu : il oscille entre 3500 (sources jordaniennes) et 10 000 (sources palestiniennes).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut donc affirmer , sans trop se tromper, que la répression de Septembre Noir a fait nettement plus de morts chez les palestiniens que les intifada successives. Pourtant, on n’en parle jamais chez les pro-Arafat ou les pro-palestiniens. Les dictatures du Moyen Orient qui prétendent aider les palestiniens « victimes de l’oppresseur sioniste » sont également très discrets sur le sujet. Quand aux médias, pour eux, un bon tueur de palestinien ne peut être que juif !!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-116326212760441403?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/116326212760441403/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=116326212760441403' title='8 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116326212760441403'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116326212760441403'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2006/11/septembre-noir-1970.html' title='Septembre noir : 1970 .'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-116207113745259294</id><published>2006-10-28T14:31:00.000-07:00</published><updated>2006-11-21T23:04:56.453-08:00</updated><title type='text'>La bataille de Iéna (14 octobre 2006)</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2981/4069/1600/300px-Murat-jena.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2981/4069/320/300px-Murat-jena.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La France a honte de son passé. Et en particulier de Napoléon. L’an dernier, elle n’avait pas jugé bon de fêter le bicentenaire d’Austerlitz. Cette année c’est Iéna qui est passée à la trappe. Cette bataille est pourtant un autre grand fait d’armes de l’Empereur. Histoires et Polémiques revient donc dessus car la connaissance de notre passé ne doit pas être occultée par les actes de repentances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant l’été 1806, l’Europe est en paix. La rivalité France-Angleterre s’est amoindrie, Austerlitz et Trafalgar ayant établi la proméninence des deux royaumes dans leur domaine respectif . La mer pour la Grande-Bretagne, le continent pour la France. La mort de William Pitt, farouche adversaire de Napoléon a de plus amélioré le climat. Enfin, l’Angleterre n’est pas au mieux économiquement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais tout ne va pas forcément bien dans le meilleur des mondes. Napoléon a réorganisé le St Empire en une confédération d’Etat qui lui sont forcément favorables : la Confédération du Rhin. Et cela inquiète Frédéric III de Prusse. La grande Armée est en Bavière et en Moravie afin de surveiller les unités autrichiennes et russes de la 3e coalition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ton monte entre Prusse et France. Par provocation, les officiers de l'armée prussienne se plaisent à  aiguiser leurs sabres sur les marches de l'ambassade de France à Berlin. Frédéric III lance à qui veut l'entendre : « Pas besoin de sabres, les gourdins suffiront pour ces chiens de Français ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour couronner le tout, il scelle un pacte d’alliance avec Alexandre Ier et jure de ne pas se séparer tant que la victoire sur la France ne sera pas acquise. Prusse, Russie, Suède et Saxe vont alors former la 4e coalition. Ils seront rejoints par l’Angleterre le 14 septembre à la mort du Premier ministre Fox, plus favorable à Napoléon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 4 octobre, l’Empereur reçoit un ultimatum exigeant le retrait des troupes françaises des rives droites du Rhin. Aussitôt la Grande armée, forte de 180 000 hommes submerge la confédération. Une première confrontation le 10 octobre voit la mort du neveu de Frédéric II, mais la victoire n’est pas définitive. Le corps prussien est repoussé à Saalfeld, mais les armées de la coalition se retire vers le nord, laissant une forte arrière-garde  à Iéna.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Maréchal Lannes arrive avec une partie de la Grande armée : 55 000 hommes plus 10 000 cavaliers. Le tout est appuyé par 173 canons. Napoléon commande le tout. En face, les Prussiens sont environ 50 000 et disposent de 120 canons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Iéna est situé dans une vallée encaissée. L’empereur va lui-même diriger les travaux qui vont élargir l’étroit chemin afin d’y faire passer l’artillerie. Il parvient ainsi à surplomber l’armée prussienne concentrée devant lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À 6 heures du matin, il donne l’ordre d’attaque. Surpris, les Prussiens croient à une attaque massive. Mais de leur droite sortent 30 000 français du brouillard. Immédiatement, Lannes bouscule la réserve du général Tauertzien tandis que Soult progresse par la droite et Augereau par la gauche. La bataille est perdue pour la Prusse et Napoléon ordonne la poursuite des fuyards. La cavalerie de Murat parvient à saisir l’artillerie ennemie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On dénombrera 12 000 morts chez les Prussiens et 6 000 chez les Français. À cela s’ajoute 14 000 prisonniers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le même jour la victoire française d'Auerstaedt (Davout avec 27 000 hommes bat les 60 000 soldats prussiens de Brunswick) amplifie l’ampleur du triomphe. La Prusse a perdu 45 000 hommes et toute son artillerie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 27 octobre, Napoléon entre à Berlin. Le 28, Murat capture le prince de Hohenlohe et toute son armée. Le 30 novembre, la Prusse est contrainte à la paix : Elle perd la moitié de son territoire, 5 millions d’habitants, une partie de ses places fortes (Magdeburg, Erfurt, Stettin, Graudeuz, Dantzig) et doit payer une indemnité de 120 millions de francs de l’époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si elle est la grande perdante de l’histoire, cette victoire sera l’une des dernières vraiment éclatantes de Napoléon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bientôt viendra la guerre en Espagne, les échecs en Russie , les saignées des années 1810-1813…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais là n’est pas le soucis. Comment se fait-il que la France ait honte à ce point de son passé, qu’elle se refuse désormais à le fêter. Hormis pour faire acte de repentance , notre pays rejette dans l’ombre tout ce qui a fait sa grandeur. C’est un crime contre notre mémoire. Un crime contre notre histoire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-116207113745259294?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/116207113745259294/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=116207113745259294' title='5 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116207113745259294'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116207113745259294'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2006/10/la-bataille-de-ina-14-octobre-2006.html' title='La bataille de Iéna (14 octobre 2006)'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-116166656390199368</id><published>2006-10-23T22:03:00.000-07:00</published><updated>2007-02-09T14:28:17.526-08:00</updated><title type='text'>25 octobre 732 : Poitiers</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2981/4069/1600/CharlesMartel.gif"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2981/4069/320/CharlesMartel.png" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;L'islam s'est répandu comme une traînée de poudre durant tout le VIIe siècle, balayant l'Afrique, le Moyen-Orient, l'Asie. Le royaume Wisigothique d'Espagne est tombé en 711 et le dynamisme de la nouvelle religion ne faiblit pas. Malgré la résistance des derniers Wisigoths, réfugiés au nord de l'Espagne, c'est la Gaule mérovingienne qui est désormais en ligne de mire….&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l'assaut du royaume franc&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abd-er-Rhâman, émir de Cordoue, veut étendre ses conquêtes au-delà des Pyrénées. En 719, Narbonne est prise. En 725, c'est au tour de Carcassonne et Nîmes. Puis Bordeaux est mise à sac. L'Aquitaine devient une terre de pillage, très tentante car riche. Et les rois mérovingien, les descendants de Clovis, n'ont plus assez de pouvoir pour s'y opposer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Charles Martel&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Charles est le fils bâtard de Pépin de Herstal, maire du palais d'Austrasie. Un Carolingien donc, à la solde d'un roi Mérovingien. Il a réussi à s'imposer face aux Neustriens. Riche, il possède de nombreuses villae dans la région de Metz et de Verdun. La femme de Pépin , plectrude, a fait enfermer Charles . Celui s'évade à 25 ans, en 714, à la mort de son père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il va reprendre la place de son père comme Maire du palais d'Austrasie. Il multiplie les campagnes à partir de 716 contre les Frisons, les Saxons, les Alamans. Il va jusqu'au Danube soumettre les Bavarois. En 731, il s'attaque à Eudes d'Aquitaine. Eudes qui avait déjà eu affaire aux sarrasins : en 721, il les bat à Toulouse puis, afin de conjurer le péril, s'allie à Mununza, le gouverneur berbère de Septimanie. Mais ce dernier est tué par Abd-er-Rhâman qui reprend le pillage du sud de la Gaule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'appel d'Eudes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand les Sarrasins, après avoir pillé le sud de l'Aquitaine, prennent le chemin de St Martin de Tour, une riche abbaye, Eudes n'a guère le choix, il doit faire appel à son ennemi même s'il craint que Charles Martel n'en profite pour s'emparer des richesses de l'Aquitaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Charles va alors rassembler son armée, après avoir publié le ban. Il passe la Loire à Orléans et se dirige vers Tour, non loin de l'abbaye. Il prend ensuite la direction de Poitiers, son armée s'étant fondue avec celle d'Eudes. A Moussais, sur la commune de Vouneuil-sur-Vienne, les Francs sont face aux Sarrasins. Durant 6 jours, les cavaliers s'observent, se jaugent, se livrent à quelques escarmouches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le choc des civilisations&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le samedi 25 octobre 732, premier jour du Ramadan, les deux armées sont face à face. Abd-er-Rhâman , une fois la prière du midi terminée, lance la charge aux cris de "Ahadoum, ahadoum" (il n'y a qu'un seul dieu).La tactique est limpide : éviter la confrontation générale, émietter l'armée adverse et transformer la bataille en une succession de petits duels. Mais les Francs, en guerre depuis 20 ans, ne se laissent pas intimider par les cris des musulmans, pas plus que par la pluie de flèches qui tombe sur les premiers rangs. C'est au tour des francisques de se lancer à l'assaut des vagues arabes qui ne parviennent pas à briser le mur franc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers la fin de l'après-midi, l'armée franque passe à l'offensive. Brutale, sanglante. Profitant de la fatigue des Sarrasins, ils font un véritable carnage dans leur rang. Abd-er-Rhâman tente de galvaniser ses troupes, mais il est tué au plus fort de la bataille. La tombée de la nuit interrompt le combat, largement à l'avantage de Charles qui vient de sauver l'occident de la menace musulmane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, les Francs s'aperçoivent que les sarrasins se sont enfuis durant la nuit. Le pillage du camp commence et les francs s'emparent du butin considérable que les assaillants ont dû abandonner pour fuir : pierres précieuses, étoffes, bijoux mais aussi femmes et enfants qui seront vendus comme esclaves. Charles ne pourchassera pas les Sarrasins. Pour lui, le but n'était pas de conduire une croisade mais de briser l'assaut d'Abd-er-Rhâman. Mais il en profitera pour s'emparer des évêchés puis s'en va piller le midi. Il en chassera alors les chefs musulmans qui s'y étaient installés quelques années auparavant. C'est peut-être durant cette période que Charles obtiendra son surnom de Martel (Marteau)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'offrande de Charles&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la chapelle de Ste Catherine de Fierbois, Charles déposera alors son épée. 700 ans plus tard, un armurier retrouvera l'épée sur ordre de Jeanne d'Arc. La rouille serait alors tombée miraculeusement de la lame.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une date importante ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poitiers est-elle une date importante pour l'histoire de l'Europe, un coup d'arrêt ou bien un épisode parmi d'autres ? Certains historiens estiment que la bataille de Poitiers n'a pas eu un très grand retentissement dans la Gaule Mérovingienne. Les sources étant peu nombreuses, ces historiens estiment donc que la bataille n'a pas été très commentée. Les sources arabes la désignent comme Balat-al-shuada (chaussée des martyrs) mais ne s'étendent guère non plus dessus. La propagande carolingienne a su exploiter cette victoire, dans un but évident de dénigrer les mérovingiens. On peut aussi trouver une volonté manifeste d'éclipser la victoire du Basileus Léon III l'Isaurien qui venait de contenir les assauts contre Constantinople (un an de siège) et de réaffirmer la proéminence de Byzance sur la mer Égée, la mer Noire et la méditerranée centrale. Son action dissuada pour longtemps les musulmans d'attaquer l'Anatolie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais même si Poitiers ne fut qu'une bataille parmi tant d'autres, même si elle n'a pas marqué un arrêt décisif aux attaques musulmanes en Gaule (qui se continueront encore plusieurs décennies) ,  elle a au moins arrêté géographiquement ces attaques. Poitiers n'a jamais été dépassé. Charles Martel en a retiré une gloire importante que la propagande ne peut pas expliquer à elle seule. Enfin, même si l'Islam était mal connu des Francs, les chroniqueurs insistaient bien sur la différence des deux religions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;732 n'est pas peut-être pas une date importante pour certains, mais elle l'est devenue dès l’avènement de Pépin le Bref. Récupérée par certains mouvements patriotique ou nationaliste, elle reste une charnière , un coup d'arrêt , une victoire, quoique l’on en dise. Car que ce serait-il passé en cas de défaite. Même si ce n’était qu’un raid, un raid réussi en aurait forcément entraîné un autre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-116166656390199368?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/116166656390199368/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=116166656390199368' title='6 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116166656390199368'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116166656390199368'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2006/10/25-octobre-732-poitiers.html' title='25 octobre 732 : Poitiers'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-116151118996883422</id><published>2006-10-22T02:06:00.000-07:00</published><updated>2006-12-30T10:04:46.080-08:00</updated><title type='text'>Eté 44 : les Polonais se révoltent contre les nazis !!</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2981/4069/1600/varsovie1944.gif"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2981/4069/320/varsovie1944.png" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le 1er août 1944, la résistance polonaise lance le plus grand soulèvement intérieur contre une armée allemande. Deux mois plus tard, Varsovie est en ruine. Des milliers de polonais, civils ou soldats sont morts. Staline, pourtant, à quelques kilomètres de la capitale a laissé faire. Les alliés, occupés sur le front de l’ouest et déjà tentés par les fausses promesses de Staline n’ont quasiment pas tenté d’intervenir. &lt;br /&gt;Attention, il n’est pas question ici du soulèvement du gettho juif , qui eut lieu en 1943, mais de la résistance durant 60 jours de la population de la ville, représentée par un gouvernement légitime mais en exil. Les conséquences de cette tragédie permettent de comprendre certains traits de notre époque contemporaine et de l’histoire récente de la Pologne&lt;br /&gt;Tout commence le 1er août 1944 à 17 heures. Hitler apprend la révolte le soir même. Il charge le général SS Erich Von dem Bach-ZELEWSKI d’écraser la ville de « tuer les habitants, de ne prendre aucun otage. Varsovie doit être complètement rasée, afin de servir d’exemple effrayant à toute l’Europe » (Dixit Hitler lui-même)&lt;br /&gt;Qui sont les insurgés ? Les membres de l’armée de l’intérieur (Armia Krajowa, AK) ainsi que des civils et d’autres organisations clandestines. L’AK représentait le gouvernement polonais en exil (rappelons que des Polonais ont participé au débarquement de Normandie). Ils étaient faiblement équipés : quelques milliers de carabines, de pistolets et de mitraillettes et environ 25 000 grenades (pour la plupart fabriquées dans des ateliers clandestins). Environ 40 000 combattants furent dénombrés. Les Allemands leur opposèrent 16 000 soldats puis 25 000 qui arrivèrent en renfort ainsi que de l’aviation et des chars. Le combat n’en était que plus disproportionné. &lt;br /&gt;L’AK ne reconnaît pas le comité polonais de libération nationale qui est communiste. Elle veut libérer la Pologne ou, au minimum, peser sur les négociations d’après guerre. Les dirigeants polonais en exil savent très bien que le maître du Kremlin n’a pas que des idées démocratiques en tête. Ils ne seront pas écoutés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle situation en août 44 &lt;br /&gt;Sur le front de l’ouest, le débarquement a réussi, mais les alliés sont encore bloqués en Normandie. Patton n’a pas encore réussi sa percée. Sur le front de l’ouest, l’armée rouge vient de subir une défaite importante près de Varsovie les 29-31 juillet. Staline préfère alors se concentrer sur le front roumain. À cette date, l’armée soviétique a réussi à refouler totalement les Allemands de son territoire. En Allemagne, Hitler vient d’échapper à un attentat. &lt;br /&gt;Les alliés parviennent à parachuter des vivres et des munitions les 4 et 5 août. Mais Staline refuse que les aérodromes d’Ukraine servent de bases arrières aux armées américaines : pas de pont aérien donc !! Le soutien va s’arrêter là. Le 6 Staline donne l’ordre d’arrêt de ses divisions en Pologne. Les insurgés sont désormais seuls. Le 10 septembre, les Allemands lancent une puissante contre-offensive sur la ville. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les contre-attaques allemandes d’août avaient déjà fait 40 000 morts, notamment dans le quartier ouvrier de Wola. Les SS ratissent la ville, aidés par des anciens soldats soviétiques passés à la collaboration. Le 16 septembre, l’armée rouge refuse d’utiliser son artillerie pour sauver ce qui pourrait l’être. Deux semaines plus tard, l’AK capitule. La bataille de Varsovie a fait 220 000 morts (environ 40 000 insurgés et 180 000 civils). Du côté allemand, on dénombre 17 000 morts. À partir du 2 octobre, il faut ajouter 50 à 60 000 déportations. Varsovie est détruite à 80% !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut se poser plusieurs questions. Pourquoi Staline a-t-il refusé d’aider l’AK. Tout simplement pour avoir les mains libres et n’avoir en Pologne que des résistants « amis ». L’élimination de l’AK lui permettait de placer ses pions. Une victoire de l’AK aurait permis d’enfoncer un coin important dans sa stratégie de mainmise sur l’Europe de l’Est car les Polonais en exil étaient alliés aux Américains et qu’ils voulaient prendre l’Armée Rouge de vitesse. Le refus de les aider relève donc d’une stratégie politique cynique mais tout à fait dans la ligne de Staline. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du côté Allié, il est clair que le lâchage des insurgés a été une grave erreur politique. D’une part le gouvernement anglais qui a, dans un premier temps, soutenu l’AK a été surpris par le début de l’offensive qu’il estimait mal préparée (ce qui, hélas, était vrai, l’AK avait sous-estimé l’armée allemande). Rapidement, et malgré les appels de Churchill, Londres s’est désolidarisé de l’AK. Pour Roosevelt, il était hors de question de se mettre Staline à dos. Les deux armées, prises dans une course à Berlin, se trouvaient en concurrence. Roosevelt, de plus, croyait aux promesses de Staline sur la tenue d’élections démocratiques dans les territoires libérés. On sait qu’il n’en fut rien. On peut même s’interroger sur l’aveuglement de Roosevelt face à Staline. Pourquoi cet homme qui, dès le début de la crise, a poussé son pays vers la guerre en Europe, n’a pas vu venir la dictature du rideau de fer ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La défaite des insurgés est à la fois une gloire polonaise mais aussi une page noire pour les alliés. À leur décharge, il est vrai que, trop occupé à l’Ouest, il aurait été difficile pour eux d’envoyer des troupes de manières massives en Pologne. Staline porte donc une responsabilité écrasante, mais il n’est donc pas le seul.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-116151118996883422?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/116151118996883422/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=116151118996883422' title='6 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116151118996883422'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116151118996883422'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2006/10/et-44-les-polonais-se-rvoltent-contre.html' title='Eté 44 : les Polonais se révoltent contre les nazis !!'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36412906.post-116146509660605033</id><published>2006-10-21T14:07:00.000-07:00</published><updated>2006-10-23T11:26:40.990-07:00</updated><title type='text'>C'est parti...</title><content type='html'>Histoire !! reflet de notre passé, ligne droite de notre avenir. Sans Histoire, il n'y a pas de présent. C'est parce que notre société actuelle nie notre passé qu'elle se condamne à répéter ses erreurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Histoire&amp;polémiques se veut un blog de partage. Picorant au gré des milliers d'années qui nous contemplent, je prends un sujet, je vous l'offre et ensuite nous en discutons. Pas de suite logique donc, je peux parler un jour de la prise de Jérusalem puis enchaîner sur la révolte du gettho de Varsovie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas d'Histoire officielle ici, pas de politiquement correct non plus mais juste une vision subjective de notre passé. A vous d'en discuter, à vous de polémiquer.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36412906-116146509660605033?l=histoiretpolemiques.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/feeds/116146509660605033/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36412906&amp;postID=116146509660605033' title='5 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116146509660605033'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36412906/posts/default/116146509660605033'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2006/10/cest-parti.html' title='C&apos;est parti...'/><author><name>davethesith</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06798446298563241699</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry></feed>
